| |
|
| |
|
|
|
Qu'appelle-t-on
incontinence ? |
 |
|
|
|
On définit par incontinence
fécale la perte incontrôlée de selles et/ou
de gaz dans des conditions socialement inadaptées. Il peut
s'agir d'une situation normale et même valorisante chez le
nourrisson, témoin de difficultés relationnelles importantes
ou de problèmes psychologique chez le grand enfant (encoprésie)
mais c'est souvent vécu comme dégradant par les personnes
adultes qui en souffrent.
|
| |
|
 |
remonter : 
|
| |
|
| |
|
|
|
Qui
souffre d'incontinence ? |
 |
|
|
|
Il s'agit d'une situation fréquente
si on en croit une enquête de sondage récente menée
auprès de 10 000 français de plus de 15 ans. Les troubles
de la continence fécale ont été constatés
durant l'année précédant la remise du questionnaire
par plus de 16 % d'entre eux. Le retentissement social et sur la
qualité de vie est particulièrement marqué
même si les troubles de la continence pour les gaz restent
plus fréquents que ceux pour les selles et si les accidents
surviennent en règle mensuellement ou moins fréquemment.
Les troubles de la continence sont plus fréquents chez les
personnes les plus âgées de notre population notamment
celles qui vivent en institution. En dépit du handicap, le
recours à la consultation de médecins, aux explorations
et à des filières de soins restent très faibles
pour un handicap jugé trop souvent honteux et dégradant.
|
| |
|
 |
remonter : 
|
| |
|
| |
|
|
|
Quels
facteurs occasionnent l'incontinence ? |
 |
|
|
|
Il n'existe pas une cause définie
responsable des troubles de la continence mais souvent plusieurs
facteurs qui contribuent aux accidents d'incontinence. En cela l'incontinence
est un symptôme (une plainte) et non une maladie. Elle peut
survenir lorsqu'il existe des troubles importants du transit (diarrhées
fortes par exemple) même chez des personnes qui ont une bonne
fonction anale. Elle peut être liée à une diminution
des capacités de réservoir du colon et surtout du
rectum à la suite d'un processus d'inflammation ou d'autre
anomalie de la paroi intestinale. Le plus souvent, l'incontinence
est en rapport avec une insuffisance de la fonction de l'anus. Celui-ci
est peu tonique ou se contracte mal. Ce défaut peut être
lié à une plaie ou une déchirure passée
des sphincters de l'anus ou à des troubles de la commande
nerveuse de ces muscles. On retient comme facteur habituellement
responsable de ces mécanismes, les évènements
chirurgicaux qui ont porté sur l'anus (chirurgie des hémorroïdes
des fistules ou de la fissure anale), les complications de l'accouchement
et les traumatismes indirects des nerfs du petit bassin et du périnée
(efforts importants de poussée chez des personnes constipées
chroniques, accouchements difficiles
..). Vous trouverez des
informations plus précises et plus complètes en consultant
les fiches " continence et défécation "
d'une part, " incontinence après accouchement "
d'autre part.
|
| |
|
 |
remonter : 
|
| |
|
| |
|
|
|
Quelles
sont les étapes habituelles utiles à la compréhension
du mécanisme de l'incontinence ? |
 |
|
|
|
La première étape
est clinique parce qu'il faut chercher des signes qui ressemblent
à l'incontinence mais qui n'entrent pas stricto sensu dans
les tableaux habituels de cette affection. C'est le cas des suintements
occasionnés par les hémorroïdes ou par une fistule
par exemple. Il est souvent utile de préciser si l'incontinence
survient dans un contexte d'envies impérieuses difficiles
ou impossibles à contrôler (on parle d'impériosités)
ou s'il s'agit au contraire de pertes dont on se rend compte après
coup (incontinence passive). Le mécanisme et le traitement
de l'incontinence qui procèdent de ces deux présentations
en sont souvent différents. Le contexte de survenue et les
caractères du transit intestinal sont des éléments
également importants à prendre en considération.
La deuxième étape consiste à l'examen local
de l'anus à la fois dans son aspect et sa fonction ainsi
que par l'examen de l'ampoule rectale.
Ces deux premières étapes permettent souvent d'orienter
la personne souffrant d'incontinence vers des conseils d'hygiène
défécatoire, de régularisation du transit (conseils
diététiques, laxatifs et/ou freinateurs du transit)
et d'exercices musculaires sphinctériens qui peuvent suffire
à résoudre l'incontinence.
|
| |
|
 |
remonter : 
|
| |
|
| |
|
|
|
Quand
et à quelles explorations faut il recourir ? |
 |
|
|
|
Certaines explorations sont
parfois nécessaires pour affiner la compréhension
des troubles de la continence et guider au mieux le traitement.
Elles sont le plus souvent proposées en cas d'échec
des traitements hygiéno-diététiques et des
exercices musculaires. On distingue trois types d'explorations :
celles qui mesurent la fonction de l'anus et du rectum (cf fiche
manométrie anorectale), celles qui identifient des déchirures
ou des plaies des muscles sphinctériens (cf fiche échographie
sphinctérienne), celles qui recherchent des signes d'atteinte
des nerfs pelviens (explorations neurophysiologiques). Ces explorations
sont utiles dans deux situations : lorsqu'on souhaite quantifier
un handicap avant une prise en charge chirurgicale (choisir un type
de chirurgie en fonction de la nature des lésions observées,
mesurer avant/après, rechercher des signes préalables
encourageants vis-à-vis du résultat attendu), ou lorsqu'il
existe une discordance entre les données de l'examen clinique
du médecin et l'importance des troubles décrits (par
exemple lorsqu'on a la perception que les sphincters de l'anus ont
un fonctionnement normal chez une personne très incontinente.
|
| |
|
 |
remonter : 
|
| |
|
| |
|
|
|
Quels
types de traitements sont envisagés ? |
 |
|
|
|
Les conseils concernant l'hygiène
défécatoire et la régularisation du transit
sont particulièrement utiles et trop souvent négligés.
Il est important de veiller à un transit régulier,
rester vigilant vis-à-vis des envies défécatoires
(qui ne doivent pas être différées dans la mesure
du possible) et de la qualité de l'évacuation du bol
défécatoire. Il peut être nécessaire
de compléter une évacuation jugée insuffisante
par des laxatifs locaux peu irritants. La régularisation
du transit peut faire appel à des mucilages sous forme de
compléments diététiques ou de médicaments
pour régulariser la consistance des selles. Certains freinateurs
du transit comme le lopéramide sont parfois utile chez les
personnes qui souffrent d'impériosités fécales
(notamment après les repas). A ces précautions, des
exercices courts (10 minutes) et quotidiens de contraction volontaire
répétitive de l'anus sont proposés : il faut
veiller à dissocier la contraction du ventre et des fesses
de celle des sphincters et respecter des temps de repos deux fois
plus important que les temps de travail.
Les méthodes rééducatives utilisent l'expertise
et la compétence de kinésithérapeutes qui guident
la réalisation des exercices, proposent un programme de suivi
et apportent des aides supplémentaires sous forme de supports
visuels ou auditifs (biofeedback) ou sous forme de rééducation
plus spécifiques (sensibilité du rectum, coordination
musculaire). Il est possible que le soutien kinésithérapique
apporte un bénéfice supplémentaire important
au traitement et tout particulièrement lorsque la personne
soignée et le kinésithérapeute sont motivés.
Néanmoins certaines études anglo saxonnes récentes
remettent en cause la pertinence par rapport à une simple
éducation diététique et sanitaire.
Les méthodes chirurgicales peuvent être grossièrement
séparée en deux catégories. Celles qui assurent
une amélioration de la fonction en conservant l'anatomie
habituelle de l'anus (technique de réparation sphinctérienne,
stimulation des nerfs pelviens, radiofréquence) et celles
qui reposent sur un procédé de substitution sphinctérienne
(sphincter anal artificiel, graciloplastie dynamisée, implants
de matériaux inertes de type biosilicones). Chacune de ces
méthodes fait l'objet d'une information précise et
détaillée (réparation sphinctérienne,
neuromodulation des racines sacrées, sphincter anal artificiel).
Ces méthodes sont choisies en fonction de la sévérité
de l'incontinence et des anomalies constatées sur les données
des examens complémentaires. Leurs indications ne sont pas
toujours très faciles à poser et elles imposent souvent
une importante implication de la personne soignée à
la fois en terme d'informations (lourdeur du geste chirurgical,
complications, épuisement d'effet avec le suivi) et de décision
(quelle stratégie est la mieux adaptée et la mieux
perçue par l'intéressé ?).
|
| |
|
 |
remonter : 
|