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Les formes héréditaires de cancer
colorectal
Elles représentent 5 % des cancers colorectaux : ce sont
la polypose adénomateuse familiale et le syndrome de Lynch.
La polypose adénomateuse familiale est une
maladie autosomique dominante en rapport avec une altération
du gène APC qui est situé sur le bras long du chromosome
5. Elle représente 1 % des cancers colorectaux et est présente
sur une naissance sur 10 000.

Figure : Chromosomes au microscope
électronique à balayage.
La maladie est caractérisée par l'apparition
de plusieurs centaines de polypes au niveau du côlon et du
rectum apparaissant le plus souvent à la puberté,
ces polypes grossissant progressivement pour dégénérer
et se transformer en cancers malins qui apparaissent dès
l'âge de 20 ans. Cette polypose adénomateuse familiale
peut s'accompagner de manifestations extra-coliques avec essentiellement
des adénomes au niveau du duodénum qui peuvent donner
des cancers du duodénum et qui nécessitent donc chez
ces patients une surveillance du tube digestif haut.
Le diagnostic est habituellement simple car
la maladie génétique est connue et les enfants sont
surveillés dès avant la puberté par des coloscopies
courtes associées maintenant à un diagnostic génétique
de recherche de la mutation du gène APC. En cas de présence
de la maladie, la sanction thérapeutique est obligatoirement
une exérèse du côlon tout entier que l'on programme
généralement à l'âge de la majorité
une fois la croissance terminée et qui peut s'accompagner
soit d'une anastomose entre l'intestin grêle et le rectum
qui nécessitera alors secondairement une surveillance systématique
du rectum restant pour réséquer les polypes au fur
et à mesure de leur apparition, soit qui s'accompagne d'une
amputation du rectum avec confection d'un néo-rectum par
un réservoir iléal que l'on abaisse au niveau de l'anus.
Le syndrome de Lynch
L'autre forme de cancer héréditaire
est représentée par le syndrome de Lynch dont on décrit
deux types, le type 1 encore appelé HNPCC (hereditar non
polyposis colo rectal cancer) est décrit comme l'association
de plusieurs cancers du côlon dans une même famille
sans cancer d'autre localisation parmi les apparentés. Ces
cancers sont plus fréquemment situés dans la partie
droite du côlon, ils sont plus précoces que le cancer
du côlon habituel, survenant avant l'âge de 50 ans et
auraient un meilleur pronostic. Le syndrome de Lynch de type 2 associe
des cancers du côlon à des cancers d'autres sites en
particulier de l'endomètre (utérus).
Comme la description clinique de ces syndromes de
Lynch restait vague, on a déterminé des critères
(dit d'Amsterdam) pour définir les populations à risque
d'apparition de cancer colo-rectal : il faut dans une famille au
moins trois sujets atteints d'un cancer du côlon sur deux
générations successives, l'un des cancers du côlon
étant survenu avant l'âge de 50 ans en dehors d'un
contexte de polypose adénomateuse familiale.
Les syndromes de Lynch correspondent à des
altérations du génome touchant les chromosomes 2,
3 et 7 où ils intéressent une famille de gènes
impliquée dans la réparation des anomalies de réplication
de l'ADN aboutissant à une instabilité du génome
des cellules tumorales. Ce critère est utilisé dans
le diagnostic.
Les sujets à risque doivent être soumis
à un dépistage systématique et une surveillance
régulière. Les différentes observations cliniques
ont permis de modéliser cette surveillance et de proposer
un contrôle coloscopique biennal dont le point de départ
est situé entre 20 et 25 ans. Lorsque une lésion apparaît,
est discutée la pratique d'une colectomie totale avec anastomose
entre l'intestin grêle et le rectum et surveillance secondaire
du rectum par une rectoscopie biennale. Chez la femme, on y associe
une surveillance systématique au niveau utérus et
ovaires dès l'âge de 30 ans par frottis, aspiration
et échographie endo-vaginale annuelle.
Dans le cas du cancer du côlon sporadique qui
concerne 95 % des cancers coliques, les facteurs génétiques
sont représentés par une prédisposition familiale
: des antécédents au premier degré (parents,
fratrie, enfants) de cancer colo-rectal sont retrouvés chez
15 % des sujets atteints de cancer colo-rectal et il multiplie par
2 à 3 le risque de cancer chez les apparentés. Ce
risque est retrouvé pour les polypes en particulier les plus
volumineux. Il n'est pas connu de gène de susceptibilité
expliquant cette prédisposition, et l'action est peut-être
indirecte agissant sur un facteur intermédiaire au niveau
environnemental (nutritionnel en particulier). Ces facteurs nutritionnels
sont prépondérants dans la genèse du cancer
colorectal.
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