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CLINIQUE
L'enfant est en général âgé
de 6 à 10 ans, c'est le plus souvent un garçon.
Ces signes peuvent exister alors qu'il a été
propre pendant plusieurs mois ou années (encoprésie
secondaire) ou bien l'enfant peut ne jamais avoir acquis le contrôle
de sa défécation (encoprésie primaire).
Dans les cas sévères, cette pathologie peut persister
longtemps après l'adolescence. Les fuites de selles sont
toujours présentes.
Les fuites de selles surviennent souvent lors des
exercices physiques ou du jeu, quand l'attention de l'enfant se
relâche. Elles surviennent le plus souvent dans la journée,
mais peuvent aussi se produire la nuit. Paradoxalement ces fuites
de selles ne semblent pas gêner l'enfant qui est actif et
bien portant.
Il peut exister aussi des suintements de selles liquides dus à
l'irritation du rectum trop rempli par des selles qui ont durci
(fécalome), souvent confondus par les parents avec de la
diarrhée du fait de leur caractère liquide et incontrôlé.
D'autres signes sont souvent présents : douleurs abdominales,
ballonnements abdominaux, constipation. Les efforts d'exonération
de ces selles dures peuvent déchirer la muqueuse de l'anus
et créer une fissure douloureuse qui saigne parfois. Les
exonérations normales faites aux toilettes sont rares, parfois
moins d'une fois par mois. Le plus souvent l'enfant contrôle
ses urines ce qui prouve que l'encoprésie n'est pas une maladie
neurologique.
LA CONSULTATION PAR LE MEDECIN
La consultation a quatre buts
:
1) poser le diagnostic d'encoprésie qui est une maladie fonctionnelle
et éliminer les autres causes d'incontinence qui peuvent
nécessiter des traitements spécifiques comme une intervention
chirurgicale,
2) éliminer une très rare maladie congénitale
appelée maladie Hirschsprung (atteinte des rameaux nerveux
de la paroi intestinale) qui peut se présenter comme une
encoprésie,
3) évaluer la gravité de la pathologie,
4) orienter les parents sur une possible cause psychologique qui
sera essentielle à travailler pour faciliter la guérison
de l'encoprésie.
L'entretien et l'examen sont faits en présence
du ou des parents qui accompagnent l'enfant :
Les antécédents familiaux, le statut de la fratrie
sont notés. La composition de la famille sera notée
(famille recomposée
).
Les antécédents de l'enfant doivent être renseignés
depuis l'accouchement, avec l'aide du carnet de santé si
possible. La courbe staturo-pondérale doit être normale.
De possibles difficultés intellectuelles sont recherchées,
celles-ci favorisent l'installation et surtout la persistance de
cette pathologie en rendant difficile sa prise en charge psychologique.
Les conditions de l'apprentissage de la propreté seront demandées,
on se renseignera aussi sur la prise en charge quotidienne de l'enfant
(nourrice, école, garde par de la famille
).
Parfois l'abdomen est ballonné et on peut palper à
travers la paroi des selles dures qui encombrent le colon.
L'examen neurologique doit être normal.
L'inspection des sous vêtements permet souvent de confirmer
le diagnostic de fuites de selles.
L'examen minutieux de la région anale, fait sur un enfant
consentant et rassuré doit éliminer toute malformation
anale, mais aussi génito-urinaire. Une fissure de l'anus
peut être due au passage de selles volumineuses. Un toucher
anal prudent s'assurera de la normalité de l'anus qui est
le plus souvent relâché à cause du réflexe
normal de détente sphinctérien lorsque le rectum est
rempli de selles. Le toucher rectal trouve tout de suite des selles
le plus souvent dures.
La gravité du problème et son retentissement
sur ses activités physiques sont le plus souvent minimisés
par l'enfant. La fréquence des changes et toilettes doit
être notée.
L'entretien aura plus pour but de mettre les parents
sur la piste de possibles difficultés psychologiques que
de les rechercher d'emblée. Les premières consultations
doivent être prudentes et la prise en charge psychologique
sera au mieux effectuée plus tard par des spécialistes
(psychologue ou psychiatre).
Les examens complémentaires sont inutiles
dans les cas typiques. Souvent les parents ont déjà
avec eux des radiographies confirmant la stase des selles dans le
rectum qui se fait aussi le plus souvent dans tout le colon. Si
une radiographie de l'intestin a été pratiquée
elle montrera le plus souvent une stase résiduelle de selles
dans le colon. Le volume des selles ainsi retenues peut être
impressionnant. Le diamètre du colon sera souvent augmenté,
ce qui n'est en aucun cas pathologique si cette augmentation porte
sur l'ensemble de sa longueur, y compris le rectum. La manométrie
anorectale peut rechercher des signes de maladie de Hirschsprung.
CAUSES
Les causes sont doubles. Elles associent une constipation souvent
présente et des facteurs psychologiques. Les difficultés
psychologiques peuvent être secondaires à des erreurs
lors de l'apprentissage de la propreté : mise au pot trop
précoce, parents obsessionnels, voire au contraire pas d'accompagnement
lors de cette période. Ou alors ce sont des difficultés
psychiques n'ayant rien à voir avec l'apprentissage de la
propreté : difficultés dans le couple, carence affective,
traumatisme psychologique ou physique. Il faut noter que bien souvent
l'encoprésie est un mode de communication de l'enfant avec
son entourage.
Dans certains cas, il n'existe aucune cause psychologique
: l'encoprésie peut être passagère chez un enfant
constipé qui a une fissure anale due au passage d'une selle
un peu plus difficile que d'habitude. La douleur due à cette
fissure fait qu'il aura peur d'aller à la selle. Il peut
alors se retenir jusqu'à avoir des fuites par débordement.
TRAITEMENT
Avant tout, le traitement de la constipation est indispensable.
Il permet en ramollissant les selles d'aider l'enfant à les
évacuer et rend les défécations moins douloureuses.
Il reposera sur un régime riche en fibres, légumes,
fruits avec une ration hydrique suffisante. Le régime ne
doit pas être trop strict car il peut être source de
conflit supplémentaire avec les parents et il est rarement
efficace seul.
Les suppositoires et lavements seront évités parce
qu'ils peuvent être mal vécus par l'enfant mais ils
sont parfois vraiment nécessaire notamment lorsqu'il existe
une trop importante accumulation de matières (fécalome)
et lorsqu'on souhaite les utiliser comme supports à la rééducation.
Des laxatifs oraux sont toujours nécessaires, il ne faut
pas avoir peur de donner des doses assez fortes chez ces enfants
souvent très constipés. Quand la constipation est
sévère, (moins d'une selle par semaine) elle rend
plus difficile le traitement de l'encoprésie.
Il est très important que ce traitement soit poursuivi plusieurs
mois, même au-delà de la guérison. Il faut noter
que la constipation est une anomalie fréquente et banale
qui débute très souvent dès l'enfance et persiste
plus d'une fois sur deux après la puberté, ce qui
explique dans le cadre de l'encoprésie la nécessité
de sa prise en charge de façon prolongée pour éviter
les rechutes.
En cas de fissure, des soins locaux avec un savon doux et une pommade
cicatrisante seront associés.
La partie fonctionnelle et psychologique peut être
réglée dans les cas simples par la prise en charge
non spécialisée sans l'aide du psychiatre ou du psychologue.
En effet, les premières consultations vont rassurer l'enfant
et ses parents en éliminant une maladie grave. Elles permettront
d'expliquer le mécanisme des fuites et la nature volontaire
de l'effort de retenue. Il est vrai que l'enfant admet le plus souvent
qu'il ressent le besoin d'aller à la selle, mais qu'il se
retient jusqu'à ce qu'il soit trop tard. Les causes psychologiques
suggérées par le médecin peuvent être
bénignes et réglées par les parents eux même.
En cas d'échec de cette prise en charge simple,
il ne faut pas tarder à suggérer aux parents de recourir
à une aide psychologique. En effet plus l'age de l'enfant
est important, plus les symptômes risquent de persister. Quant
aux pathologies psychiatriques sévères, elles sont
le plus souvent déjà diagnostiquées et l'encoprésie
n'est pas au premier plan des symptômes. Dans ces cas sa prise
en charge est difficile et rarement efficace, toutefois le traitement
diététique et laxatif ne doit pas être négligé.
A ce jour, l'efficacité d'une rééducation
anorectale n'est pas prouvée, toutefois, elle peut aider
l'enfant à comprendre et maîtriser les mécanismes
de la continence et de la défécation. Elle est rarement
prescrite de première intention et peut être guidée
par un examen manométrique (enregistrement des pressions
de l'anus par une petite sonde) préalable.
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