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Il faut consulter pour que le médecin procède
à un examen clinique complet de tout le corps, puisque le
prurit est peut-être une maladie de la peau, mais également
un examen spécifique de la région anale et du canal
anal par la réalisation d'un examen anuscopique voire si
nécessaire d'une rectoscopie. Le médecin s'intéressera
également aux antécédents et au terrain du
patient puisque certains facteurs pathologiques comme l'obésité
ou le diabète ou certaines habitudes diététiques
(l'alcool, les épices) peuvent faciliter l'apparition du
prurit. Enfin, on notera l'ensemble des signes fonctionnels associés
et en particulier au niveau de la région anale avec l'existence
de saignements ou de suintements ou de troubles de la continence
qui peuvent expliquer l'apparition des démangeaisons.
A l'issue de cet examen clinique, certains examens complémentaires
peuvent être nécessaires: une prise de sang pour rechercher
une cause générale comme le diabète, un mauvais
fonctionnement de la thyroïde ou du rein, une maladie du sang
ou une anomalie du métabolisme de l'acide urique dans le
cadre de la goutte.
Enfin, il pourra être nécessaire de pratiquer des examens
complémentaires : prélèvements au niveau de
la marge anale pour rechercher une surinfection de la peau par des
bactéries ou par des champignons, examen coproparasitologique
des selles pour rechercher une parasitose dont la principale est
l'oxyurose très fréquente chez l'enfant.
Certains examens endoscopiques du côlon peuvent être
proposés à cette occasion pour dépister des
maladies sus-jacentes. Enfin, il sera parfois nécessaire
de faire un prélèvement de la peau pour analyse au
microscope et affirmer une maladie de peau spécifique comme
le psoriasis ou le lichen qui sont les deux maladies dermatologiques
non infectieuses les plus fréquemment en cause.
A l'issue de la consultation, deux
cas de figure sont possibles :
- Ou la cause du prurit est suspectée voire
affirmée cliniquement ou par des examens complémentaires
et dans cette situation c'est le traitement de la cause qui va entraîner
la disparition du prurit : c'est particulièrement vrai pour
les maladies proctologiques comme la fistule anale qui entraîne
un écoulement de pus par l'existence d'une infection au niveau
de l'anus ou la fissure anale qui entraîne des démangeaisons
par l'existence d'une plaie à l'intérieur du canal
anal. Et surtout les condylomes extra ou intracanalaires.
- Ou une origine dermatologique permet un diagnostic
de lichénifications ( à intégrer le plus souvent
dans le diagnostic de prurit anal essentiel) ou de psoriasis, de
maladie de Bowen, de Paget dont le traitement consiste à
retrouver la tumeur à l'origine pour le Paget et en des résections
chirurgicales pour le Bowen . L'eczéma est aussi à
diagnostiquer. Le traitement, en associant une éviction de
l'allergène et un dermocorticoïde local, est efficace.
- Soit il n'y a pas de cause évidente ou la
cause a disparu et en l'absence de pathologie cutanée ou
anale, il sera décidé de donner un traitement symptomatique.
Le traitement :
Il faut tout d'abord insister sur des règles
hygiéno-diététiques strictes : il faut maintenir
une région péri-anale propre et sèche pour
éviter le grattage.
Il sera conseillé un lavage matin et soir
avec un savon doux ou un savon surgras ou un pain sans savon. Il
faut sécher minutieusement avec un sèche-cheveux sans
frotter pour éviter les démangeaisons. Cette toilette
devra également être faite après chaque selle
lorsque cela est possible, sinon il faut utiliser les lingettes
humides non parfumées et non colorées. De même,
il faudra éviter tout contact avec des matières synthétiques
: sous-vêtements, protections périodiques ou protèges
slips.
Il faut que les sous-vêtements soient laches
et en côton.
Au niveau diététique, il faut éviter
toutes les substances irritantes : café, alcool, thé,
chocolat, épices.
Au niveau du traitement local : on utilisera des
colorants en cas de lésions suintantes, érosives excoriées
pour assécher celles-ci avant l'application d'éventuelles
crèmes ou pommades. On peut utiliser de l'Eosine à
l'eau à 2 % ou le permanganate de potassium.
En cas de lésions aiguës, on utilisera
volontiers des pates à l'eau, pommades sans substance active
ou contenant simplement de l'oxyde de zinc pour protéger
la peau en particulier s'il existe un facteur de suintement associé
non traité, incontinence fécale par exemple.
Le traitement de la cause sera entrepris et il faudra
avec le médecin établir la relation de cause à
effet entre une éventuelle pathologie locale et les démangeaisons.
En l'absence de cause, ou si la cause a disparu, l'on fera souvent
appel mais uniquement sur indication médicale à des
traitements par dermo-corticoïdes qui permettent de redonner
à le peau une structure normale évitant la récidive
des démangeaisons et supprimant les effets de celle-ci lorsqu'elle
a entraîné un épaississement excessif et des
anomalies du revêtement cutané.
L'utilisation de ces corticoïdes doit toujours
être brève, limitée dans le temps et le choix
de chacun des corticoïdes utilisables doit être fait
en fonction des lésions locales.
Enfin, lorsque le prurit est très ancien,
irréductible, certains nouveaux traitements sont parfois
efficaces, mais là encore doivent être prescrits par
des médecins entraînés à cette pathologie
péri-anale, on utilise en particulier volontiers des préparations
magistrales à base de capsaïcine sous forme de teinture
de capsicum associé à de l'anovaseline en application
locale une fois par jour.
Quoi qu'il en soit, l'existence d'un prurit anal
nécessite une consultation auprès d'un médecin
spécialiste, un diagnostic précis d'une éventuelle
cause dermatologique ou proctologique, l'établissement de
la relation de causalité de cette étiologie et la
mise en route de son traitement. En cas d'absence de cause, le traitement
symptomatique doit toujours être prescrit en fonction des
lésions locales et doit éviter l'auto-médication.
Les règles hygiéno-diététiques sont
la base de ce traitement. Il faut aussi savoir dépister une
lésion suintante rectocolique de type polype adénomateux
et villeux , d'où l'intérêt d'un examen coloscopique
de dépistage, ces patients attribuent trop souvent leurs
rectorragies aux efforts de grattage donc attention à ne
pas oublier cet examen simple.
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