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Deux techniques sont utilisées en France pour opérer
les hémorroïdes : l'hémorroïdectomie "classique"
qui retire les hémorroïdes (technique dite de Milligan
et Morgan, avec ou sans anoplastie) et la technique, plus récente,
dite de Longo qui les laisse en place mais les repositionne dans
le canal anal en réséquant une collerette de muqueuse
rectale à l'aide d'une pince agrafeuse ce qui réduirait
l'apport sanguin au niveau des hémorroïdes.
La première méthode crée 3 ou 4 plaies opératoires
au niveau de la marge et du canal anal qui sont volontairement laissées
ouvertes (figure 1) alors qu'avec la seconde technique il n'existe
pas de plaie visible mais une ligne d'agrafes située au niveau
de la muqueuse rectale (en zone non sensible à la douleur).

Figure 1 : Plaie d'une hémorroïdectomie
"Milligan-Morgan"
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Les suites opératoires seront donc très différentes
suivant la technique utilisée, plus longues et douloureuses
avec la technique classique. Point important : il faut noter que
ces suites ne sont pas le seul élément à prendre
en compte pour choisir une technique par rapport à une autre,
les indications des deux méthodes n'étant pas superposables
(voir sur ce site La
maladie hémorroïdaire).
IL S'AGIT D'UNE HÉMORROÏDECTOMIE
CLASSIQUE
En France cette intervention est généralement pratiquée
au cours d'une hospitalisation de quelques jours (3 à 5).
La durée de cette hospitalisation peut varier selon les équipes
chirurgicales, souvent c'est après la première selle
que vous serez autorisé à quitter l'hôpital
ou la clinique.
La douleur est le principal désagrément
de l'opération.
Cette opération a la fâcheuse réputation d'être
très douloureuse. Cependant les médicaments antidouleur
(la morphine et ses dérivés) et anti-inflammatoires
sont largement utilisés et permettent le plus souvent de
bien contrôler la douleur. Souvent il ne s'agit pas d'une
douleur continue, mais de pics douloureux au moment des selles ou
des soins post opératoires. Ceci explique pourquoi, malgré
l'amélioration de la prise en charge de la douleur, il n'est
pas possible de rendre cette intervention strictement indolore.
La prévention de la constipation
est capitale.
La première selle, souvent redoutée par les malades,
sera facilitée par la prescription systématique de
laxatifs doux. Lorsqu'elle tarde trop, un bouchon de selles, appelé
fécalome peut se produire. Son évacuation peut être
facilité par l'administration d'un lavement évacuateur
destiné à ramollir les selles. La survenue d'un fécalome
peut se manifester par des signes trompeurs (émissions incessantes
de matières liquides, pseudo-incontinence). Il ne faut surtout
pas arrêter les laxatifs et recourir aux antidiarrhéïques
! Votre médecin fera le diagnostic en pratiquant un toucher
rectal et après évacuation du bouchon il conviendra
d'augmenter les laxatifs pour éviter la récidive.
Les soins post-opératoires sont
simples.
A votre sortie, vous pourrez les pratiquer vous même. Un lavage
des plaies au moyen de bains de siège ou à la douchette,
avec une solution antiseptique devra être réalisé
2 fois par jour et après la selle (le papier toilette devant
être évité). Les plaies seront badigeonnées
avec un liquide désinfectant et recouvertes de pommade. Il
est normal que ces plaies suintent. L'écoulement peut être
coloré (jaune, vert, marron
) et ne doit pas être
confondu avec du pus. Des traces de sang peuvent s'observer sur
les pansements ou sur les selles. L'infection des plaies opératoires
est possible, mais elle est finalement très rare compte tenu
du caractère très riche en microbes de la région.
En plus de ces soins, il peut vous être demandé d'introduire
quotidiennement un suppositoire cicatrisant et lubrifiant qui facilitera
l'évacuation de la selle, ainsi que de réaliser un
toucher rectal destiné à éviter le rétrécissement
de l'anus.
La cicatrisation est longue.
Elle dure en moyenne 6 semaines. Des démangeaisons sont fréquentes
pendant cette période. Des retard de cicatrisation sont possibles
(plus de 8 semaines dans 2,7% des cas et parfois plusieurs mois).
La douleur, l'inconfort et les soins post-opératoires expliquent
qu'un arrêt de travail d'en moyenne 3-4 semaines soit à
prévoir après l'opération.
Quelles sont les complications possibles
?
Il existe des complications urinaires,
précoces, survenant au cours des premiers jours post-opératoires
chez 10 à 20% des opérés. Elles sont plus fréquente
chez l'homme. Il s'agit de difficultés à uriner d'origine
réflexe avec au maximum une rétention d'urine qui
peut nécessiter la mise en place temporaire d'une sonde urinaire
dans moins de 2% des cas. Une rétention aiguë d'urine
peut aussi être secondaire à un fécalome.
Les hémorragies post-opératoires
peuvent être précoces, par saignement d'un petit vaisseau
au niveau d'une plaie. Souvent, un traitement local suffit (pansement
compressif par exemple) mais parfois il est nécessaire d'effectuer
un geste chirurgical complémentaire pour arrêter le
saignement. Plus rarement (1% des cas), l'hémorragie peut
être retardée, survenant entre le 8ème et le
15ème jour, par chute d'escarre (un peu comme si la "croûte"
d'une plaie tombait trop tôt). Dans ce cas le saignement peut
être très abondant, nécessiter une nouvelle
hospitalisation de quelques jours et une intervention pour coaguler
le vaisseau responsable du saignement. Ce risque explique pourquoi
il est vivement conseillé de s'abstenir de voyager et de
prendre l'avion dans les 15 jours suivant l'opération.
Le rétrécissement anal
concerne moins de 5% des opérés. Il peut être
traité par dilatation ou nécessiter un geste chirurgical
complémentaire.
Les troubles de la continence (difficultés
à retenir les gaz ou les matières) ont une fréquence
mal évaluée. Très souvent ils régressent
ou s'améliorent après cicatrisation. Les mécanismes
de ces troubles sont : la suppression des coussinets hémorroïdaires
eux-mêmes (les hémorroïdes ont une utilité
dans la continence et participent pour 15% au tonus sphinctérien
de base), des lésions traumatiques des sphincters.
L'infection, avec formation d'un
abcès nécessitant de ré-intervenir, est exceptionnelle.
Un suivi post-opératoire est nécessaire
afin de diriger la cicatrisation et de dépister la survenue
d'un rétrécissement par la pratique d'un toucher rectal.
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IL S'AGIT D'UNE INTERVENTION DE LONGO (ANOPEXIE PAR AGRAFAGE CIRCULAIRE)
Cette opération n'est pas une hémorroïdectomie
à proprement parler. Elle est en règle générale
moins douloureuse que la précédente, l'hospitalisation
est donc plus courte et un arrêt de travail d'une semaine suffit.
La reprise du transit est plus facile. Il n'y a pas de suintement
et aucun soin local n'est nécessaire compte tenu de l'absence
de plaie externe. Les agrafes tombent d'elles même en 1 mois
ou parfois plus.
Les complications possibles sont :
- le saignement post-opératoire qui peut nécessiter
la reprise chirurgicale pour arrêter le saignement à
l'aide d'un point de suture,
- la sténose au niveau de la ligne d'agrafes, en générale
facilement dilatable,
- la douleur prolongée notamment lorsque le chirurgien a positionné
sa ligne d'agrafes trop bas
- la survenue de thromboses hémorroïdaires post-opératoires
- exceptionnellement des infections gravissimes ont été
rapportées.
En ce qui concerne la continence, des lésions sphinctériennes
liées à l'introduction du dilatateur anal nécessaire
à l'opération ou à un agrafage trop bas prenant
des fibres sphinctériennes sont théoriquement possibles.
La fréquence de ce type de complication n'est pas bien évaluée.
CONCLUSION
Même si l'hémorroïdectomie classique reste une intervention
douloureuse aux suites longues, il faut savoir que si cette opération
se justifie, tous les autres traitements ayant échoués
(rappelons que seuls 10% des malades souffrant de leurs hémorroïdes
seront finalement opérés), le taux de satisfaction des
opérés est très élevé, proche de
90%. |