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La maladie pilonidale se manifeste sous la forme d'une réaction
inflammatoire ou infectieuse au niveau du sillon inter-fessier.
Cette réaction est secondaire à la pénétration
de poils dans des orifices situés sur le sillon lui-même
et à leur migration sous la peau. Cette migration constitue
des trajets dans le derme se ramifiant sous le sillon le plus souvent
vers le haut et latéralement. Une tuméfaction rouge
inflammatoire se constitue à la sortie du trajet. Celle ci
laisse tôt ou tard sourdre un liquide infecté de façon
souvent intermittente, traduisant une suppuration chronique. L'infection
peut être plus brutale et se manifester par un abcès.
Le traitement a deux objectifs : le premier est de supprimer cette
inflammation ou suppuration ce qui nécessite l'excision des
tissus inflammatoires et infectés au contact des poils qui
se comportent comme des corps étrangers. Le deuxième
est d'empêcher la réentrée des poils sous la
peau et donc la rechute (récidive) par la destruction ou
l'obturation du ou des orifices (ou "fossettes") d'entrée.
LE TRAITEMENT EST CHIRURGICAL
En cas d'abcès, l'incision en
urgence sous anesthésie locale (ou mieux une petite excision
elliptique), soulage immédiatement le patient. Après
des soins locaux, le traitement chirurgical du sinus pilonidal est
programmé à distance. Il est parfois possible d'exciser
d'emblée la fossette d'entrée si elle est suffisamment
proche, traitant ainsi la maladie et sa complication.
Le plus souvent, la maladie pilonidale s'exprime par une suppuration
chronique.
L'intervention de référence est une excision de tous
les tissus pathologiques depuis les orifices d'entrée jusqu'aux
orifices de sortie. La plaie est laissée ouverte et des pansements
réguliers permettent d'obtenir le comblement (bourgeonnement)
et la couverture cutanée (épithélialisation)
en 6 semaines à 4 mois. Il s'agit de "l'excision - lay
open". La cicatrice est linéaire et fibreuse empêchant
la réentrée des poils.
Les autres techniques opératoires
sont plus complexes et visent à refermer la plaie d'emblée.
La fermeture directe, bord à
bord ne doit plus être pratiquée car le risque de lâchage
et récidive est important.
Pour éviter une suture sous tension, on propose donc des
interventions de reconstruction plastique. Leur but est d'aplanir
et de modifier le sillon inter-fessier afin que la friction à
la marche ou les phénomènes de macération ne
permettent plus aux poils libres de migrer dans une seule direction
que représente le creux médian inter-fessier.
On décrit deux procédés, chacun comportant
des variantes. Le premier consiste à exciser le sinus pilonidal
et à le combler en faisant glisser ou tourner un lambeau
de derme adjacent selon des règles de techniques de chirurgie
plastique dites en Z, LLL ou VY. Le deuxième procédé
consiste à exciser les orifices d'entrée de façon
asymétrique en se décalant du côté du
trajet. Un décollement sous le derme permet de translater
le sillon interfessier en suturant la plaie en paramédian
(interventions de Karidakis et de Bascom).
QUELLES SONT LES
SUITES OPERATOIRES IMMEDIATES DE L'INTERVENTION DE REFERENCE : L'EXCISION-LAY
OPEN ?
Cette intervention avait la réputation d'être douloureuse.
La douleur postopératoire était liée aux excisions
très profondes pratiquées jusqu'à l'aponévrose
en avant du coccyx et du sacrum, les mettant presque à nu.
L'intervention était également souvent réalisée
au moment de l'abcès, laissant place à une grande
cavité.
Actuellement, l'origine de la maladie pilonidale étant reconnue
comme un problème concernant le derme, l'excision est limitée
aux tissus pathologiques , les trajets fistuleux étant repérés
par des colorants ( bleu de méthylène) . Un décollement
limité dans la graisse sous cutanée, au pourtour de
la zone excisée, évite les sensations de tension douloureuses
en postopératoire.
De plus le contrôle très soigneux du saignement peropératoire
permet d'éviter les pansements compressifs . Actuellement
on dispose de mèches ou compresses ayant des propriétés
hémostatiques (alginate de calcium) et adsorbantes (hydrocolloïde
ou hydrofibre) qui n'adhérent pas à la plaie ni au
bourgeon de cicatrisation. L'ensemble de ces mesures limite la douleur
postopératoire.
L'intervention peut être réalisée en ambulatoire
ou au cours d'une hospitalisation de très courte durée,
le premier pansement étant réalisé à
la 24ème ou à la 48ème heure. Une prescription
d'antalgiques per os suffit . Une antibiothérapie n'est pas
justifiée.

Figure : Phase de bourgeonnement après excision d'un
sinus pilonidal.
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