L'implantation
Elle est réalisée sous
anesthésie générale ou locale. Le boîtier
de neuromodulation est implanté dans le flanc gauche ou
droit, au-dessus de la fesse (du côté de l'électrode)
à l'aide d'une incision de 2 à 3 cm de long. Le
boîtier a la taille d'un pace maker. Le fil qui relie l'électrode
au boîtier est tunnelisé sous la peau. Si une électrode
provisoire avait été mise en place durant la période
test, elle est changée pour une électrode définitive
qui a l'avantage de contenir à sa partie terminale des
spicules empêchant son déplacement. L'aiguille définitive
contient en plus 4 électrodes contrairement à la
provisoire qui n'en a qu'une.
L'ensemble du dispositif devient interne comme l'est un pace maker
cardiaque.

Figure 2 : Neuromodulation des
racines sacrées. Implantation
Le réglage
L'existence de 5 électrodes (4 sur l'aiguille au contact
de la racine sacrée et une sur le modulateur) permet de
choisir entre plusieurs configurations
de courant. La première consultation de mise en route du
modulateur est assez longue. Chaque configuration d'électrode
est testée, à chaque fois le seuil sensitif (première
sensation de la stimulation) ou moteur (première contraction
musculaire) est noté. La configuration retenue sera celle
permettant d'obtenir une réponse anale, pour une stimulation
la plus basse possible de manière à préserver
l'autonomie de la pile le plus longtemps possible. Le praticien
programme une fourchette d'amplitude de stimulation assez large
permettant au patient d'augmenter si nécessaire la puissance
de la modulation à l'aide d'un boîtier externe.
En cas d'inefficacité, d'autres configurations peuvent
être programmées.

Figure 3 : Implant.
Ce boîtier externe est confié
au patient, il comprend 4 touches : une touche d'arrêt du
modulateur, une touche de démarrage, une touche permettant
d'augmenter l'intensité et une dernière permettant
de la diminuer. Pour le faire fonctionner, ce boîtier externe
est placé face au stimulateur sous-cutané, lorsque
le patient appuie sur une touche efficacement, elle délivre
un bip.

Figure 4 : Boîtier de contrôle.
Idéalement la modulation doit être
continue. Certaines situations peuvent nécessiter un arrêt
de ce modulateur : l'orage peut déclancher des décharges
électriques désagréables, certaines positions
ou activités peuvent aussi engendrer ce type de désagrément,
comme la conduite. En cas de douleurs, l'intensité de la
stimulation doit être réduite ; d'une manière
générale, le patient doit trouver l'intensité
minimale efficace.
Contre-indications à la neuromodulation
- Incontinence anale uniquement aux gaz : la neuromodulation
est généralement inefficace.
- Destruction de l'appareil sphinctérien
- Le prolapsus du rectum : son traitement est avant tout chirurgical,
la neuromodulation peut être proposée en postopératoire
si l'incontinence anale persiste.
- Lésion complète des racines sacrées lors
de l'électromyographie.
- Lésion anatomique empêchant la pose de l'électrode
: agénésie sacrée par exemple.
- Maladie organique : tumeur évolutive.
Contre-indications relatives
- Le traitement anticoagulant : risque d'hématome pendant
la période test. Il faut pouvoir arrêter les anticoagulants
pendant cette période puis autour de l'implantation.
- Grossesse : il faut arrêter la neuromodulation en cas
de grossesse, son effet sur l'embryon n'étant pas connu.
La mise en place de la modulation est donc possible chez une femme
non ménopausée, mais elle doit être prévenue
de la nécessité d'arrêter le stimulateur en
cas de grossesse.
- Pathologies psychiatriques : le patient doit être capable
de comprendre le fonctionnement du matériel et l'utilisation
du boîtier externe.