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LABORATOIRE |



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PROCTOLOGIE
PRATIQUE |
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ANATOMIE
DU CANAL ANAL |
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M. LAUDE |
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Le segment terminal du tube digestif ou canal
anal mérite une connaissance approfondie en raison de la fréquence
de ses explorations cliniques et des pathologies qu'on y rencontre.
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Morphogénèse |
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Pour comprendre la structure, les rapports et le fonctionnement neuro-musculaire
du canal anal, il faut remonter jusqu'aux stades de la morphogénèse
de l'abouchement terminal du tube entoblastique quand l'éperon péritonéo-périnéal
de Kolliker induit le noyau fibreux central du périnée (centrum
tendineum perinei) et divise le cloaque primitif unique en sinus
uro-génital en avant et en rectum en arrière.
La condensation du mésenchyme myoblastique péri-orificiel donnera
le sphincter strié uro-génital en avant, et le sphincter strié anal
(m. sphincter ani externus) tous deux innervés par leur face
caudale par le nerf pudendal (n. pudendus), nerf somatique
volitionnel issu des racines S3 et S4.
Le filum terminale, accompagné par le pie-mère (pia mater spinalis)
- alors que le cul de sac dural s'arrête en S2 -, peut expliquer l'origine
de certains kystes pilonidaux qui sont des dysembryomes avec des poils
et des formations glandulaires, différents des kystes pilonidaux acquis,
dystrichiasis, poils rétrovertis également connus sous le nom de «
jeep-disease » ou maladie « du tape-cul ».
Le mésenchyme myotomial des somites caudaux qui vont régresser donnera
naissance au muscle releveur de l'anus (m. levator ani) innervé
par sa face craniale par un rameau nerveux somatique volitionnel issu
principalement de S3 et accessoirement de S4. La musculature lisse
longitudinale et circulaire - celle-ci à l'origine du sphincter interne
(m. sphincter ani internus) - sera innervée, elle, par le système
nerveux végétatif involontaire.
C'est cette intrication des trois structures musculaires, d'origine
et d'innervation différentes, qui va expliquer la spécificité de cette
zone.
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fig. 1 -Pôle caudal métamérisé de l'embryon. |
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V : face ventrale
Cr : face craniale
S.U.G. : sinus uro-génital
R : rectum
1 - cavité coelomique
2 - sphincter strié uro-génital
3 - noyau fibreux central du périnée
4 - nerf pudendal
5 - mésenchyme myotomial des somites caudaux qui vont régresser
6 -*siège des sinus pilonidaux
7 - filum terminale et son manchon pie-mérien
8 - sphincter strié péri-anal
9 - cône terminal de la moëlle en regard de L2 alors que le cul de
sac duremérien descend jusqu'en S2
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fig. 2 -Pôle caudal de l'embryon. |
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V : face ventrale
Cr : face craniale
Régression
des somites caudaux
Division
du cloaque par migration de l'éperon péritonéo-périnéal de Kolliker.
1 - m. levator ani portion uro-génitale
2 - m. levator ani portion ano-rectale
3 - sphincter interne circulaire lisse
4 - nerf du levator ani
5 - chaîne orthosympathique latéro-vertébrale innervant la musculature
lisse longitudinale et circulaire
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Morphologie |
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Sur une coupe frontale le canal anal est limité par les deux lignes
ano-cutanée et ano-rectale de Hermann. Les colonnes de Morgagni (columnae
anales), saillies radiales verticales, laissent voir par transparence
sous la muqueuse les pelotons veineux qui assurent, par leur turgescence,
l'étanchéité du canal sous le nom de coussinets élastiques de Thomson
et dont la dilatation pathologique donne les hémorroïdes internes.
À la jonction ano-rectale, vers le haut, une série de replis valvulaires
également décrits par Morgagni (valvulae anales) justifie le
nom de ligne pectinée (linea ano rectalis) qui correspond au
tiers inférieur du sphincter interne. La muqueuse est de type cylindrique.
Elle présente les orifices des glandes cryptiformes d'Hermann et Desfosses
qui sont logées dans la sous-muqueuse au niveau des cryptes de Morgagni
et les orifices des glandes sous-pectinéales plus bas. Certains des
prolongements glandulaires traversent le sphincter interne voire le
sphincter externe, s'insinuant entre les couches musculaires longitudinales.
Leur inflammation est à l'origine des fistules anales.
La longueur du canal anal varie, de ce fait, entre dix millimètres
pour certains qui ne considèrent pas les colonnes de Morgagni comme
anales, et quarante millimètres pour d'autres qui intègrent ces colonnes
au canal anal, ce qui est plus logique eu égard à la texture musculaire.
À la jonction ano-cutanée, vers le bas, la peau est plissée, radiaire
péri-orificielle, se déplissant quand l'anus se dilate. Elle présente
des poils avec des glandes sébacées et sudoripares ou glandes circumanales
de Gay, expliquant la formation des furoncles et abcès de la marge
de l'anus.
Sur une coupe sagittale l'angulation de la jonction ano-rectale est
de 100, réalisant le « cap anal » que soutend le faisceau rétro-rectal
du m. levator ani. Chez la femme, c'est l'un des moyens d'appui du
col utérin, par cul de sac recto-vaginal de Douglas interposé. C'est
entre la marge anale et la fourchette vulvaire que se prolabent les
élytrocèles, hernies péritonéo-périnéales.
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fig. 3 -Coupe frontale du canal anal |
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Vue ventrale.
D : face latérale droite
Cr : face craniale
R : ampoule rectale
* trajet des fistules anales
1 - fibres musculaires lisses longitudinales
2 - ligne ano-rectale de Hermann ou ligne pectinée
3 - sphincter interne lisse circulaire
4 - plexus veineux hémorroïdaux internes
5 - ligaments de Parks
6 - sphincter externe strié avec ses trois couches
7 - plexus veineux hémorroïdaux externes
8 - poils et glandes sébacées circumanales de Gay
9 - ligne ano-cutanée de Hermann
10 - colonnes de Morgagni avec, par transparence, les veines sous
muqueuses
11 - glandes cryptiformes de Hermann et Desfosses
12 - valvules anales de Morgagni
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Structure
musculaire |
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Le sphincter externe (m. sphincter ani externus) |
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Strié est le premier constituant. Il est formé de trois couches concentriques
que l'échographie endocavitaire objective. Sur une vue caudale du
périnée postérieur, entre le noyau fibreux central du périnée (centrum
perineum tendinei) en avant et le raphé ano-coccygien (ligamentum
ano coccygeum) en arrière ou ligne blanche postérieure de Cruveilhier,
on trouve de façon concentrique péri-orificielle :
- une couche profonde (pars profunda) annulaire ;
- une couche moyenne (pars superficialis) elliptique, entrecroisée
sur le coccyx et le raphé ano-coccygien en arrière ainsi que sur le
noyau fibreux central du périnée en avant ;
- une couche sous-cutanée (pars subcutanea) elle aussi entrecroisée
en avant et en arrière, envoyant des expansions vers le bulbo-caverneux
(m. bulbo spongiosus) et le transverse superficiel du périnée
(m. transversus perinei superficialis).
C'est le nerf pudendal (n pudendus) issu de S3 S4 qui assure
la commande motrice, venu à travers la graisse de la fosse ischio-rectale
(fossa ischio rectalis) où se collectent les abcès.
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fig. 4 -Angulation ano-rectale. |
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Coupe sagittale.
V : face ventrale
Cr : face craniale
R : Ampoule rectale
Cx : coccyx
: cap
anal de 100
1 et 1' - muscle levator ani formant la fronde ano-rectale
2 - utérus
3 - vagin
4 - sphincter strié vulvo-vaginal
5 - noyau fibreux central du périnée
6 - siège des élytrocèles*
7 - sphincter strié anal
8 - raphé ano-coccygien
cul de
sac recto-vaginal de Douglas
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fig. 5 -Vue caudale du périnée postérieur.
Le sphincter externe strié. |
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D : face latérale droite
V : face ventrale
Cx : coccyx
1 - expansion vers le bulbo-caverneux
2 - expansion vers le transverse superficiel du périnée
3 - graisse de la fosse ischio-rectale droite. La gauche a été évidée.
4 - sphincter externe couche profonde
5 - sphincter externe couche superficielle
6 - sphincter externe couche sous-cutanée
7 - raphé ano-coccygien
8 - muscle levator ani dans le fond de la fosse ischio-rectale gauche
9 - nerf pudendal
10 - muscle transverse superficiel du périnée
11 - noyau fibreux central du périnée
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Le muscle releveur de l'anus (m levator ani) |
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Strié lui aussi, est le deuxième constituant. Les contingents ilio
et ischio-rétro-rectaux vont tirer vers le haut et l'avant, fermant
le cap anal et tronçonnant le bol fécal.
Certaines fibres pubo et ilio-pré-rectales viennent former le muscle
pré-rectal de Henle déjà décrit par Holl sous le nom de m sustentator
recti.
En arrière, des fibres décrites par Treitz, recto-coccygiennes, constituent
le m. retractor ani.
Enfin, certaines fibres toutes inférieures - sur lesquelles Shafik
a récemment insisté - naissent du noyau fibreux central du périnée,
entourent le sphincter strié par l'arrière, se prolongeant, chez l'homme
seulement, par des fibres recto-urétrales.
À la jonction recto-anale, les fibres du m. levator ani s'intriquent
avec la couche musculaire lisse externe de la paroi rectale, surtout
en avant et sur les côtés, pour constituer l'arcade de Laimer.
Les trois contingents sont innervés par leur face pelvienne à partir
de S3, accessoirement de S4. Ils se contractent successivement, assurant
la progression du bol fécal et, à l'image d'une serpillière que l'on
tord, l'étanchéité du canal anal.
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fig. 6 - Structure musculaire du levator ani. |
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Vue latérale gauche.
V : face ventrale
Cr : face craniale
R : Ampoule rectale
Cx : coccyx
1 et 1' - faisceaux ilio et ischio retro-rectaux .
2 - arcade de Laimer
3 - fibres pré-rectales de Holl
4 - fibres inférieures nées du noyau fibreux central
5 - noyau fibreux central du périnée
6 - sphincter externe strié
7 - raphé ano-coccygien
8 - fibres recto-coccygiennes de Treitz
9 - bol fécal
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fig. 7 - Structure musculaire lisse pariétale.
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Coupe frontale. Vue ventrale.
D : face latérale droite
Cr : face craniale
R : ampoule rectale
1 - les 3 couches de fibres musculaires lisses longitudinales
2 - couche musculaire lisse circulaire
3 - couche longitudinale superficielle noyée dans l'arcade de Laimer
4 - muscle levator ani
5 - arcade de Laimer
6 - plexus veineux hémorroïdaux internes
7 - fibres du levator ani mêlées au sphincter externe
8 - couche longitudinale profonde, réfléchie pour donner le ligament
de Parks
9 - fascia péri-anal de Morgan
10 - muscle corrugator cutis ani, expansion de la couche longitudinale
moyenne
11 - ligne ano-cutanée de Hermann
12 - plexus veineux hémorroïdaux externes
13 - sphincter externe strié avec ses 3 couches
14 - colonnes de Morgagni et lacis veineux sous-muqueux
15 - valvules de Morgagni
16 - sphincter interne lisse
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La musculature pariétale du rectum |
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C'est le troisième constituant. Il s'agit de fibres lisses, circulaires
et longitudinales. Sur une coupe frontale la couche musculaire circulaire,
interne, s'épaissit pour former le sphincter interne (m. sphincter
ani internus).
La couche longitudinale, externe, est constituée par trois types de
fibres que Roux avait déjà bien individualisées :
- les fibres les plus internes soulèvent la muqueuse anale pour y
former l'armature des colonnes de Morgagni. Certaines amarrent la
ligne pectinée et forment un lit pour les plexus veineux hémorroïdaux
internes. Elles sont décrites sous le nom de ligament de Parks dont
l'effondrement, l'arrachement, explique le prolapsus hémorroïdaire
;
- les fibres moyennes traversent les trois faisceaux du sphincter
strié et s'étalent à la face profonde de la peau de la marge de l'anus
; sous le nom de m. corrugator cutis ani, ce véritable muscle peaucier
« frippe » la peau et « module le pet » ; Ces fibres en éventail constituent
un septum latéral décrit sous le nom de fascia péri-anal de Morgan
qui séparent les faisceaux sous-cutané et profond du sphincter externe,
et rejoint en avant le noyau fibreux central du périnée ;
- les fibres externes s'arrêtent en regard de l'ancrage des fibres
striées du m. levator ani, participant à l'épaissement qu'est
l'arcade de Laimer.
L'électromyographie permet d'approcher la valeur fonctionnelle de
chacun de ces constituants musculaires, lisses ou striés.
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Espaces
celluleux |
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Entre ces différentes couches musculaires entre elles, et par rapport
au revêtement cutanéo-muqueux en dedans, et aux parois pelviennes
en dehors, des espaces celluleux ou cellulo-graisseux ont été décrits.
Certains, virtuels à l'état normal, n'apparaissent que lors des phénomènes
infectieux ou de leur extension :
- l'espace péri-anal sous-cutané est limité par la jonction cutanéo-muqueuse
de la marge de l'anus et le tiers inférieur du canal anal en dedans,
le fascia de Morgan en dehors et les fibres réfléchies du ligament
de Parks en haut. Il correspond aux faisceaux profond et moyen du
sphincter externe, aux plexus veineux hémorroïdaux externes et aux
glandes circum anales de Gay. Limité et clos assez hermétiquement,
les abcès qui s'y collectent sont rapidement très douloureux ;
- l'espace inter-sphinctérien se situe, pour Eisenhammer, entre le
sphincter interne en haut et le faisceau profond du sphincter externe
en bas. Vers le haut et le dehors cet espace communique avec les espaces
qui séparent les couches de fibres longitudinales de la paroi rectale,
entre lesquelles certains abcès peuvent fuser ;
- l'espace circumanal sous-muqueux est limité par la muqueuse des
deux tiers supérieurs du canal anal en dedans, les fibres réfléchies
du ligament de Parks en bas, et le sphincter interne en dehors ; il
est le siège des glandes de Hermann et Desfosses, des plexus veineux
hémorroïdaux internes et des artérioles et lymphatiques sous-muqueux
;
- la fosse ischio-rectale est comblée de tissu graisseux ; elle est
limitée par la peau en bas, le sphincter externe en dedans, le m.
levator ani en haut et la tubérosité ischiatique avec le repli
falciforme du ligament sacro-tubéral (canal d'Alcock) en dehors. Les
vaisseaux et nerfs pudendaux y cheminent ;
- l'espace du releveur a été individualisé par Courtney dans l'épaisseur
du m. levator ani ; il peut permettre à certaines collections
abcédées de s'étendre latéralement et en arrière de la jonction ano-rectale,
voire du côté contro-latéral ;
- l'espace pelvi-sous-péritonéal n'a que de lointains rapports avec
le canal anal ; il est fermé en dedans par la lame hypogastrique pubo-sacrée
qui contient les vaisseaux hémorroïdaux moyens, l'uretère et les nerfs
du plexus hypogastrique inférieur ;
- l'espace péri-rectal est situé entre la celluleuse péri-rectale
en dedans et la lame hypogastrique en dehors ; il correspond à la
loge péri-rectale.
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fig. 8 -Les espaces celluleux péri-ano-rectaux. |
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Coupe frontale. Vue ventrale.
Les fibres et faisceaux musculaires ont été dilacérés pour mieux individualiser
certains espaces celluleux normalement virtuels.
G : face latérale gauche
Cr : face craniale
R : ampoule rectale
Is : tubérosité ischiatique
1 - espace péri-anal sous-cutané
2 - espace inter-sphinctérien
3 - espace circum anal sous-muqueux
4 - fosse ischio-anale
5 - espace péri-sous-sphinctérien postérieur
6 - espace du releveur de Courtney
7 - espace pelvi-sous-péritonéal
8 - espace péri-rectal
9 - lame hypogastrique
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Vascularisation |
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Les artères hémorroïdales inférieures (art. rectales inferiores)
sont variables ; branches de l'artère pudendale (art. pudenda
interna), constantes, elles sont parfois au nombre de deux,
d'un seul voire des deux côtés.
Les artères hémorroïdales moyennes (art. rectales mediae)
sont inconstantes et de faible calibre, expliquant l'hypovascularisation
de la jonction recto-anale. Ce sont des branches de l'artère hypogastrique
(art. iliaca interna).
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Les veines |
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Elles tirent leur intérêt de l'importance et de la fréquence de la
pathologie hémorroïdaire. Trois arcs veineux circum et trans-sphinctériens
externe drainent les plexus hémorroïdaux dont les supérieurs sont
maintenus par les fibres du ligament de Parks dont l'effondrement
entraîne la ptose et le prolapsus hémorroïdaire.
Trois types de drainage veineux sont décrits, un iliaque interne sus-levatorien,
un second pudendal sous-levatorien et un troisième iliaque externe
par les veines honteuses externes (v. pudendae externae), la
crosse de la saphène (v. saphena magna) et la veine fémorale
(v. femoralis).
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Les lymphatiques |
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Qu'ils soient muqueux, sous-muqueux ou musculaires, les lymphatiques
font relais dans le trigone fémoral, le long du pédicule pudendal,
puis le long du pédicule hypogastrique et, plus haut, vers les ganglions
de la fourche aortique.
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fig. 9 -Vascularisation du canal anal. |
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Coupe frontale. Vue ventrale
D : face droite
Cr : face craniale
S : sacrum
Il : ilion
Is : ischion
1 - muscle piriforme
2 - nerf ischiatique
3 - nerf pudendal à son émergence de la cavité pelvienne avec le tronc
ischiatico-honteux
4 - ligament sacro-spinal (petit ligament sacro-sciatique)
5 - nerf pudendal avec l'artère pudendale lors de la rentrée dans
le pelvis
6 - artère hémorroïdale moyenne
7 - nerf pudendal et artère pudendale dans le canal d'Alcock (repli
falciforme du grand ligament sacro-sciatique)
8 - artère hémorroïdale inférieure
9 - crosse de la saphène interne et relais lymphatique du trigone
fémoral
10 - plexus hémorroïdaux externes
11 - sphincter externe avec les 3 arcs veineux
12 - plexus hémorroïdaux internes
13 - veine pudendale et relais lymphatique pudendal
14 - muscle levator ani
15 - muscle obturateur interne
16 - drainage veineux et lymphatique hémorroïdal moyen sus- levatorien
17 - uretère gauche
18 - lame hypogastrique gauche qui soutend le cul de sac péritonéal.
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Innervation |
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Complexe et intriquée, somatique
et splanchnique, elle est également un point particulier de cette
jonction recto-anale.
Les nerfs somatiques |
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Sur une vue du périnée postérieur on aperçoit le nerf pudendal (n.
pudendus) issu de S3 S4 qui donne des rameaux moteurs pour le
sphincter strié et des rameaux sensitifs cutanés.
Certaines branches sensitives viennent également du nerf petit sciatique
(n. cutaneus femoris posterior) traversant parfois le ligament
sacro-tubérositaire. Enfin les rameaux sacro-coccygiens issus de S5
et CX (n. ano coccygeus) décrits par Morestin prennent en charge
la région rétro-anale ; l'étirement répété de ces rameaux, lors des
efforts de poussée chez certains patients constipés chroniques, explique
les phénomènes de dégénérescence nerveuse observés histologiquement.
Les dermatomes radiculaires donnent une image en cible péri-anale.
Sur une coupe sagittale médiane du petit bassin le nerf du m. levator
ani issu de S3 principalement aborde le muscle par sa face pelvienne.
Le plexus pudendal, issu de S3 et S4, sort temporairement de la cavité
pelvienne par la portion sous-pyramidale de la grande échancrure sciatique
-premier site d'éventuelles compressions ; les névralgies anales s'accompagnent
alors de sciatalgies.
Le nerf pudendal repénètre dans la région périnéale par la petite
échancrure sciatique, sous le ligament sacro-épineux, au-dessus de
l'obturateur interne - deuxième site de compressions possibles, avec
une variante quand le rameau anal naît isolément, précocement, et
perfore le petit ligament sacro-sciatique - ; les névralgies périnéales
postérieures, anales pures, ne s'accompagnent plus de sciatalgies.
Le nerf pudendal chemine ensuite dans le repli falciforme du grand
ligament sacro-tubérositaire (canal d'Alcock) qu'il peut parfois perforer
- troisième site de compressions éventuelles -; les névralgies sont
alors antérieures, génito-urinaires.
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fig. 10 -Vue du périnée postérieur. Territoires
sensitifs et moteurs. |
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V : face ventrale
D : face latérale droite
rameaux
moteurs
rameaux sensitifs
Dermatomes radiculaires coccygiens (Cx) et sacrés (S5,S4,S3,S2)
1 - muscle transverse du périnée
2 - nerf pudendal
3 - rameaux périnéaux du nerf cutané fémoral postérieur (nerf petit
sciatique)
4 - ligament sacro-tubérositaire (grand ligament sacro-sicatique)
5 - sphincter externe strié
6 - nerf de Morestin
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fig. 11 -Les sites de compressions nerveuses
des nerfs du périnée postérieur. |
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Coupe sagittale médiane.
V : face ventrale
Cr : face craniale S1, S2, S3, S4, S5, Cx : racines nerveuses sacro-coccygiennes
rameaux
moteurs
rameaux sensitifs
1 - nerf ischiatique
2 - nerf du muscle levator ani
3 - nerf pudendal
a - site de compression de l'émergence pelvienne
4 - nerf de Morestin
5 - branches anales du nerf pudendal
5'- variante avec l'origine trans-ligamentaire de ces branches
b - site de compression à la rentrée pelvienne
6 - nerf pudendal dans le canal d'Alcock
6'- variante avec trajet trans-ligamentaire
c - site de compression dans le canal d'Alcock
7 - branches ventrales périnéales antérieures du nerf pudendal
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Végétatifs, ils sont issus du plexus hypogastrique inférieur (plexus
hypogastricus pelvinus) où confluent les afférences orthosympathiques
venues par les chaînes latéro-vertébrales lombaires et sacrées, et
les afférences parasympathiques issues des centres intra-axiaux médullaires
sacrés S2S3S4 venues par les nerfs érecteurs d'Eckardt (n. erigentes).
Entre les deux couches musculaires lisses pariétales circulaires et
longitudinales, Auerbach a décrit des petits ganglions (plexus
myentericus) et Meissner, dans la sous-muqueuse, a fait de même
(plexus sub mucosa). Ces formations ne se rencontrent guère
en-dessous la ligne pectinée recto-anale mais elles expliquent l'effet
nexus intra-pariétal qui persiste après lésion médullaire et disparaît
dans l'aganglionnose de la maladie d'Hirschsprung ou dans certaines
recto-colites ulcéro-hémorragiques.
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Les voies et centres nerveux médullaires |
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Sous l'angle des sensibilités
La sensibilité somatique extéroceptive et nociceptive permet la discrimination
de la nature du contenu recto-anal, liquide, gazeux ou solide. Elle
rejoint la moëlle sacrée et de là sera à l'origine du réflexe recto-anal
inhibiteur qui entraîne l'ouverture du sphincter interne lisse, en
contraction permanente. Cette sensibilité va rejoindre les centres
supérieurs évoqués en fin de chapitre.
La sensibilité proprioceptive consciente et inconsciente du m. levator
ani et du sphincter strié rejoint également la moëlle sacrée ; elle
est à l'origine de certains réflexes de protection mais aussi de la
prise de conscience et de la mémorisation fécale dans les centres
supérieurs.
Les sensibilités viscéroceptives, splanchniques, sont essentiellement
orthosympathiques rejoignant la chaîne latéro-vertébrale et les centres
médullaires de L2 à CX.
Sous l'angle des motricités
La somato-motricité volontaire dépend de la voie cortico-spinale,
pyramidale, entraînant la contraction du sphincter strié et celle
du m. levator ani, contraction qui ne dure guère plus d'une
minute.
La viscéro-motricité est double. En dehors de l'effet nexus - contraction
de proche en proche des fibres lisses né sur place et déjà évoqué,
- elle est orthosympathique, inhibitrice pour les fibres lisses pariétales
mais facilitatrice pour le sphincter lisse en contraction permanente
; elle est parasympathique, excitatrice pour les fibres lisses pariétales
et inhibitrice pour le sphincter lisse.
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fig. 12 -Voies et centres nerveux médullaires
du canal anal. |
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rameaux
moteurs
rameaux sensitifs
n : nexus
LV : chaîne orthosympathique latéro-vertébrale
H : plexus hypogastrique pelvien
L2, S2, Cx : niveaux des myélomères lombo-sacro-coccygiens
A : Voies sensitives
en violet la sensibilité viscéroceptive orthosympathique
en vert la sensibilité somatique proprioceptive consciente et inconsciente
en bleu la sensibillité somatique extéroceptive et nociceptive.
B : Voies motrices
en rouge la somato-motricité volontaire
en vert la viscéro-motricité parasympathique
en violet la viscéro-motricité orthosympathique.
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Encore peu précisés, ils siègent au niveau du tronc cérébral où la
réticulée joue un rôle important dans le contrôle des afférences et
dans celui des réponses motrices expliquant l'incontinence des patients
victimes d'une hémorragie du tronc cérébral.
Au niveau diencéphalique, le relais thalamique permet, après filtration
sélective, la projection corticale vers les aires de la somesthésie
générale, celles du schéma corporel, mais aussi l'organisation du
schéma praxique moteur avec une mémoire fécale et l'intégration de
la posture et de l'habitude défécatoires, autant de gestes que le
jeune enfant va devoir contrôler et que le sujet âgé victime d'un
ramollissement cérébral va perdre.
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