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PROCTOLOGIE
PRATIQUE |
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TROUBLES
DE LA STATIQUE ANORECTALE |
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F. PIGOT |
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Les troubles de la statique pelvienne résultent
de la perte des rapports anatomiques quont normalement les organes
pelviens entre eux et avec les structures fixes du pelvis, au repos
ou lors defforts de poussée. Ces anomalies au niveau
des filières génitale, urinaire ou anorectale sont dues
à des lésions des systèmes de soutien et damarrage.
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Moyens
de soutien et damarrage |
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Organes pelviens |
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Ils sont soutenus par un plancher musculaire constitué de
deux plans : en profondeur les muscles releveurs de lanus
et les muscles ischio-coccygiens, superficiellement, les muscles
transverses, ischio-caverneux ou constricteurs de la vulve et le
sphincter externe. Les deux muscles les plus médians du plancher
des releveurs (muscles pubo-rectaux) limitent une ouverture destinée
au passage des filières pelviennes. Cet espace est divisé
par les muscles périnéaux en fente uro-génitale
en avant et canal anal en arrière.
Lamarrage des organes pelviens dans le petit bassin est assuré
par : le méso-rectum, les ailerons viscéraux, les
lames sacro-recto-génito-vésico-pubiennes et des renforcements
de laponévrose pelvienne. Lutérus est
retenu par les ligaments ronds et utéro-sacrés. Enfin,
les fascias préet recto-vaginaux (chez la femme), rétro-prostatique
(chez lhomme) ainsi que le tissu des espaces pelvi sous-péritonéaux
permettent la cohésion des organes pelviens.
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Facteurs
de risque |
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Bien que peu détudes épidémiologiques
permettent de laffirmer, certains évènements,
physiologiques ou non, altèrent probablement la statique
pelvienne. On peut citer : lâge, la ménopause,
les efforts de poussée répétés et les
accouchements. Certains gestes chirurgicaux peuvent créer
des troubles de la statique, notamment lablation de lutérus.
En effet, ce dernier permet par son volume damortir et de
répartir les efforts de poussée et ses moyens dattache
sont plus forts que ceux des autres organes pelviens. De même,
la fixation isolée dun organe pelvien ou la correction
incomplète dun trouble de la statique peuvent créer
un espace mort ou un déséquilibre aboutissant à
un autre prolapsus. Ainsi une rectocèle peut apparaître
après cystopexie antérieure ou une entérocèle
après hystérectomie et colpopexie.
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Lésions
associées |
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Elles sont fréquentes. On a décrit une neuropathie
pudendale, des ruptures sphinctériennes, une altération
histologique des sphincters musculaires strié et lisse, des
réponses anormales aux neurotransmetteurs. La présence
dune ou plusieurs de ces anomalies expliquerait lapparition
dune incontinence au cours de lévolution des
troubles de la statique. Pour quelques équipes lexistence
dune neuropathie serait un facteur de mauvais pronostic fonctionnel
pour le traitement chirurgical dun prolapsus rectal ou dune
incontinence.
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Clinique |
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Lextériorisation dune paroi muqueuse par la vulve
ou lanus, est le seul symptôme spécifique. La
pesanteur et la douleur périnéale ou pelvienne sont
évocatrices si elles se majorent en fin de journée
ou en position debout et disparaissent en position allongée.
On peut aussi rencontrer une difficulté dévacuation
des selles (pouvant nécessiter une aide digitale), une sensation
dévacuation incomplète, une présentation
répétée à la selle, des évacuations
glairo-sanglantes, voire une incontinence.
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Examen
physique |
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Il doit être fait sur un malade au repos, puis au cours dun
effort de poussée. Il est souvent utile de faire pousser
le malade en position accroupie ou assis sur des toilettes. On diagnostiquera
alors facilement les prolapsus extériorisés
: du rectum, de la face postérieure du vagin (colpocèle
postérieure), de la face antérieure du vagin (cystocèle
et/ou urétrocèle), du col utérin, ainsi quune
descente périnéale. Cette dernière est définie
par un bombement périnéal exagéré lors
de leffort de poussée. Elle peut être mesurée
de façon précise grâce à un périnéomètre,
sorte de pied à coulisse calé sur les deux tubérosités
ischiatiques et dont le curseur suit les mouvements de la marge
anale.
Mais lexamen clinique devra aussi sattacher à
rechercher les troubles masqués
de la statique : rectocèle
par le toucher rectal, prolapsus rectal
interne par le toucher rectal et la rectoscopie rigide lors dun
effort de poussée ; prolapsus utérin
ou vésical restant intra-vaginal par le toucher et
lendoscopie vaginale ; entérocèle
par le toucher bi-digital, rectal et vaginal. On cherchera aussi
les troubles de la statique masqués par une autre procidence
(valeur de la manuvre de Bonnet). Cependant, lexamen
physique est souvent pris en défaut. La nécessité
dun bilan anatomique complet pour poser les indications thérapeutiques
justifie des examens complémentaires à visée
morphologique à la recherche dun prolapsus masqué.
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Examens
complémentaires |
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Ils ne sont pas tous indispensables, leurs indications sont à
discuter en fonction du contexte clinique.
En cas dincontinence, la manométrie
anorectale objective le déficit de la fonction sphinctérienne.
Sa valeur pronostique nest pas admise par tous. De même,
léchographie endo-anale recherche une rupture sphinctérienne
pouvant nécessiter un geste spécifique. Lélectromyographie
de détection à laiguille et létude
de la latence du nerf pudendal, permettent le diagnostic de neuropathie
mais là encore la valeur pronostique de ces deux examens
est loin de faire lunanimité.
En cas de dyschésie, la manométrie
anorectale et lélectromyographie de surface font le
diagnostic danisme. Daprès certaines séries
chirurgicales récentes, il ne semblerait pas nécessaire
de traiter un anisme avant intervention. En effet, celui-ci ne serait
pas un facteur de mauvais pronostic, pouvant même disparaître
après correction chirurgicale dune rectocèle.
Par contre, sa persistance après chirurgie peut justifier
dune prise en charge par biofeed-back, bien quaucune
étude ne lait démontrée.
En cas de constipation, létude
du temps de transit colique des marqueurs radio-opaques fournit
des données objectives sur la réalité de la
constipation et son type.
En cas de signes fonctionnels ou de troubles
de la statique urinaire dépistés à lexamen
clinique, une cysto-manométrie et une débitmétrie
aideront à poser lindication dun traitement chirurgical.
À linverse de ces précédents examens,
la défécographie dynamique est considérée
comme indispensable, avant tout geste chirurgical, afin dobtenir
un bilan morphologique complet des filières. Elle doit associer
à lopacification rectale : une opacification vaginale
systématique chez la femme, une opacification vésicale
en cas de signe fonctionnel urinaire ou de cystocèle clinique,
une opacification de lintestin grêle per os en cas de
suspicion clinique dentérocèle et de façon
systématique en cas dantécédent dhystérectomie.
Linventaire précis des lésions pelvi-périnéales
sera alors possible et la prise en charge orientée par leur
nature..
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Différents
syndromes |
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Descente périnéale |
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Les signes cliniques qui lui sont attribués sont la dyschésie
et lincontinence. Lors de la défécographie,
son amplitude peut être mesurée. On définit
alors le périnée descendu : position anormalement
basse de langle anorectal sur le cliché assis de profil
au repos, et le périnée descendant : position anormalement
basse en poussée. Les normales sont très variables,
selon le repère osseux pris pour référence
et selon les différentes séries publiées. Le
repère le plus simple à visualiser est sûrement
le rebord inférieur de la tubérosité ischiatique.
Pour ce repère les normales sont : au repos + 1,3 à
+ 2,9 cm, et en poussée + 2,1 à 0,5 cm.
La descente périnéale est rarement isolée,
le plus souvent elle est associée à dautres
troubles de la statique. De même, la neuropathie pudendale
y est fréquente, cest pourquoi la descente périnéale
serait un facteur prédictif du risque dincontinence.
En soi, elle ne justifie pas de traitement spécifique si
ce nest la correction dune constipation ou dune
dyschésie afin déviter son aggravation. Si elle
est associée à une incontinence et quil nexiste
pas dautre trouble de la statique, les techniques de myorraphie
pré et rétro-anale isolées ou associées,
voire les techniques de remplacement sphinctérien ont été
utilisées.
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fig. 1 Défécographie
: cliché de profil, en position assise, au repos. Opacification
rectale, vaginale, de lintestin grêle et vésicale.
Fuite du produit de contraste rectal, avec canal anal béant. |
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Rectocèle |
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Elle est parfois responsable de dyschésie. La nécessité
de manuvres digitales intra-vaginales pour faciliter lexonération
en est très évocatrice. Par ailleurs, il peut exister
une pesanteur ou une sensation de tuméfaction vaginale. Les
facteurs favorisants sont les accouchements, la cystopexie et lhystérectomie.
Il faut savoir quune rectocèle peut exister chez les
sujets asymptomatiques et chez les sujets constipés non dyschésiques,
mais elle est rarement plus profonde que 3 cm. Doù
la difficulté de corréler lintensité
des symptômes et limportance anatomique de la rectocèle.
Elle est souvent associée à un anisme ; il a été
avancé que celui-ci nétait pas un facteur de
mauvais pronostic en cas de traitement chirurgical par voie basse.
Lintérêt de la défécographie nest
pas de quantifier cette rectocèle mais surtout de rechercher
les lésions associées qui permettront de déterminer
le type de traitement à proposer. Celui-ci repose dabord
sur le traitement médical de la constipation et les moyens
locaux pour assurer la vidange rectale.
Le traitement chirurgical par voie basse peut être fait par
trois incisions différentes. La voie vaginale présente
un risque de dyspareunie, et ne permet le plus souvent quune
myorraphie incomplète. La voie périnéale permet
la correction de la rectocèle ainsi quune myorraphie
complète. La voie endo-anale comporte un risque de dyspareunie
très faible mais ne permet pas de geste sur les muscles releveurs.
En cas de lésion associée (prolapsus de la partie
haute du rectum, entérocèle), labord chirurgical
par voie haute est indiqué, tout en sachant quun geste
complémentaire
par voie basse peut être nécessaire, car la partie
inférieure de la rectocèle nest pas toujours
corrigée par voie abdominale.
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fig. 2 Défécographie
: cliché de face, debout, au repos. Rectocèle latérale.
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fig. 3 Défécographie
en poussée : rectocèle ne sévacuant pas,
probable anisme. |
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Prolapsus rectal interne |
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Il est souvent associé à des signes de dyschésie,
lutilisation de manuvres endo-anales afin de faciliter
lévacuation rectale est très évocatrice.
Après correction anatomique du prolapsus rectal interne ces
signes peuvent persister. Se pose donc la question du rôle
primitif de la dyschésie. Lassociation à un
anisme est fréquente, son influence sur le traitement chirurgical
na pas été étudiée. Le prolapsus
rectal interne est parfois la seule anomalie évidente lors
du bilan dune incontinence.
Le diagnostic clinique du prolapsus interne est souvent fait au
toucher rectal ou à la rectoscopie rigide. La défécographie
permettra de mesurer la mobilité du haut rectum, les points
de départ et darrivée du boudin dinvagination.
Chez des sujets témoins, un prolapsus rectal interne a été
fréquemment retrouvé, mais celui-ci natteignait
ni ne sengageait dans le canal anal.
Le traitement médical repose avant tout sur la correction
de la constipation voire la rééducation dun
anisme. Si le traitement chirurgical est décidé, il
peut se faire par voie basse selon la technique de Delorme ou de
lhémi-Delorme antérieur.
Le traitement par voie haute risque daggraver ou de faire
apparaitre une dyschésie. La présence de lésions
associées, telle une entérocèle ou une chute
du haut rectum serait une bonne indication du traitement par voie
haute.
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Prolapsus rectal extériorisé |
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Son diagnostic est facilité si lon fait pousser le
malade en position accroupie ou assis sur des toilettes. Des lésions
dégénératives neurologiques ou histologiques
de lappareil neuro-musculaire sont fréquemment associées.
Il existe par ailleurs des anomalies au niveau de la motricité
du rectum, notamment des ondes de grande pression dépassant
la pression docclusion sphinctérienne. Toutes ces anomalies
expliquent la fréquence de lincontinence.
La défécographie nest pas indispensable au diagnostic
mais permet de préciser le point de départ du prolapsus,
la statique du haut rectum ainsi que la présence de lésions
associées.
Le traitement dune constipation et la suppression des efforts
de poussée peuvent diminuer la fréquence des extério-risations
du prolapsus.
Le traitement chirurgical peut être pratiqué par voie
haute ou basse. Les deux principales techniques basses sont la rectectomie
par voie périnéale selon Altmeier, ou bien la mucosectomie
circulaire du bas-rectum avec plicature de la musculeuse selon Delorme.
Les résultats de cette dernière sont satisfaisants
sur la dyschésie et lincontinence. Le risque déchec
et de récidive est plus important quaprès rectopexie,
mais il est diminué par une bonne sélection des malades
: prolapsus nintéressant que la partie basse du rectum,
avec stabilité de la charnière rectosigmoïdienne,
absence de lésion associée telle une entérocèle.
Cette voie a pour avantage de ne jamais induire de dyschésie.
La voie haute doit être préférée si le
haut rectum est mobile ou sil existe une lésion associée
(entérocèle, cystocèle, hystérocèle
justifiant un geste par voie abdominale). La correction anatomique
est quasi constante, mais les complications à type de dyschésie
ou de constipation sont fréquentes. Ceci amène certains
à associer systématiquement une sigmoïdectomie.
Par ailleurs la dissection chirurgicale doit épargner les
ailerons latéraux du rectum qui sont des voies dinnervation
importantes pour la fonction dévacuation rectale. La
clioscopie apportera peut-être des avantages, du fait
dune dissection plus précise et plus facilement économique.
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fig. 4 Défécographie
: même préparation quen 1, en poussée. Malade
hystérectomisée. Prolapsus rectal interne sengageant
dans le canal anal, cystocèle. |
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fig. 5
Défécographie : même préparation quen
1. Malade hystérectomisée.
En poussée : prolapsus rectal interne et entérocèle. |
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Syndrome de lulcère solitaire du
rectum |
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Il est défini par lensemble des lésions secondaires
au traumatisme de la muqueuse rectale située à la
tête du boudin dinvagination. Il peut sagir dérosions,
dulcérations muqueuses, voire dune transformation
pseudo-tumorale de la muqueuse. Ces lésions sont responsables
dun syndrome douloureux et dévacuations glairo-sanglantes,
sajoutant aux autres signes du prolapsus rectal.
Le diagnostic nest pas toujours facile. On évoque parfois
un syndrome tumoral malin. Lexamen clinique et la défécographie
permettent de mettre en évidence le trouble de la statique
responsable de ces altérations pariétales. En cas
de doute, le diagnostic est confirmé par lexamen histologique
de la paroi rectale montrant une lamina propria colonisée
par des fibroblastes et des cellules musculaires lisses issues de
la musculaire muqueuse et disposées perpendiculairement entre
les glandes, une musculaire muqueuse épaissie ainsi que,
parfois, la présence de glandes dans la sous-muqueuse.
Ces critères ont été bien décrits par
Madigan et Morson. Léchographie endo-rectale peut montrer
un aspect épaissi de la musculeuse.
Le traitement est celui de la constipation et en cas déchec
celui du prolapsus rectal, la simple exérèse des lésions
pariétales est, en général, insuffisante.
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fig. 6 Syndrôme
de lulcère solitaire du rectum. Exposition per-opératoire.
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fig. 7 Syndrôme
de lulcère solitaire du rectum chez une jeune fille.
Exposition per-opératoire du bas rectum avant intervention
de Delorme. |
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Entérocèle |
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Lentérocèle est une hernie du cul de sac de
Douglas (élytrocèle), habitée le plus souvent
par des anses grêles (entérocèle), mais parfois
par le sigmoïde (sigmoïdocèle).
Elle peut se manifester par une colpocèle postérieure,
une pesanteur, voire une dysurie. Le plus souvent elle est pauci
symptomatique et associée à un autre trouble de la
statique pelvienne.
On retrouve comme facteur de risque principal lhystérectomie.
Le diagnostic clinique est difficile, car lentérocèle
nest pas toujours visible, ni palpable. Une colpocèle
postérieure peut « héberger » une rectocèle,
une entérocèle, voire les deux à des moments
différents. La défécographie permet de suspecter
une entérocèle si lon constate un élargissement
de lespace recto-vaginal lors de la poussée. Mais lexamen
pratiqué après opacification entérale est bien
plus performant pour le diagnostic. Certains auteurs ont de plus
proposé une opacification péritonéale par injection
de produit radio-opaque à laiguille.
En effet, le siège de cette hernie nest pas unique.
Lentérocèle peut sintroduire dans lépaisseur
de la cloison recto-vaginale, mais aussi dans le boudin dinvagination
dun prolapsus rectal voire dans le sommet du vagin après
hystérectomie. Cest pourquoi on la rencontre souvent
en association à un prolapsus rectal, ou à une rectocèle.
Une entérocèle importante peut masquer un autre trouble
de la statique rectale de même elle peut refouler une rectocèle
ou une cystocèle. Dans ce cas, la correction isolée
de lentérocèle risque de démasquer un
autre trouble de la statique nécessitant alors une reprise
chirurgicale.
Le traitement chirurgical repose quasi exclusivement sur la voie
haute mais il nexiste pas de série bien documentée
permettant de définir le geste précis, ainsi que le
pronostic fonctionnel. On associe le plus souvent à la résection
du cul de sac de Douglas, une colpopexie postérieure et,
bien sûr, la correction des troubles de la statique associés.
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fig. 8 Défécographie
: pas dopacification entérale.
En poussée : cystocèle écrasant le vagin qui
se déforme en T. Rectocèle refoulée par lentérocèle. |
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Troubles de la statique des filières urinaire
et génitale |
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Sils sont isolés, ils nécessitent un geste spécifique
pratiqué par voie basse ou par voie abdominale. Mais le caractère
isolé ne peut être affirmé que par lexamen
clinique complet et surtout par un examen morphologique adapté.
Nous conseillons alors la défécographie avec les opacifications
complémentaires suggérées ci-dessus.
Sil existe des lésions associées, il faut alors
les traiter dans le même temps, si on veut faire disparaître
tous les symptômes.
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Conclusion |
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Les troubles de la statique ano-rectale sont fréquents et
souvent associés à une entérocèle ou
une anomalie des filières génitale ou urinaire. Il
est difficile de relier de façon indiscutable les constatations
anatomiques aux différents symptômes. Les examens complémentaires
aident à objectiver les anomalies, sont utiles pour orienter
le traitement médical et discuter les techniques chirurgicales.
Ces choix doivent être confiés à des équipes
spécialisées afin doptimiser les résultats
fonctionnels. En pratique, la discussion des techniques chirurgicales
est largement influencée par les possibilités et les
expériences de chaque équipe dans lattente dun
consensus. Le traitement chirurgical, lorsquil est indiqué,
doit être complet pour ne pas démasquer dautres
anomalies. Lévaluation du résultat doit être
anatomique, mais aussi
fonctionnelle (symptômes physiques et qualité de vie).
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Pour en savoir plus |
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defecography in women with straining at stool : a lack of specificity
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