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PROCTOLOGIE
PRATIQUE |
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INCONTINENCE
ANALE DE LADULTE |
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D. SOUDAN, R. GANANSIA,
T. PUY-MONTBRUN, J. DENIS |
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Lincontinence anale se définit
comme labsence de contrôle dans lémission
des gaz ou des selles liquides ou solides. Ce handicap, ressenti comme
dégradant, souvent inavoué, peut avoir un retentissement
psychologique et social majeur. Laugmentation de la durée
de vie de la population en fait un véritable problème
de santé publique.
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Prévalence |
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Aux États-Unis, on estime la prévalence de lincontinence
sévère à environ 1,5 % de la population, soit
3 millions de personnes. En Grande-Bretagne, elle est retrouvée
chez 1,1 % des hommes et 1,3 % des femmes, âgés de
plus de 65 ans. Le pourcentage dincontinents sévères
sélève en milieu gériatrique et psycho-gériatrique
respectivement de 32 % à 56 %.
En France, les différentes enquêtes de P. Denis rapportent
des chiffres voisins de 2 % dincontinence majeure sur un échantillon
de sujets de plus de 45 ans représentatif de la population.
Les chiffres augmentent si lon sintéresse à
des sous-groupes de population « plus à risque »
: 3,2 % chez les sujets consultant un généraliste
ou un spécialiste, 3, 8 % chez les incontinents urinaires,
33 % chez les personnes vivant en institution (dans ce groupe, il
est à noter que la prévalence redevient identique
à celle de la population générale lorsquil
nexiste pas de handicap moteur ou psychique).
Toutes les statistiques retrouvent une prédominance féminine
: le sex-ratio est de 8 femmes pour un homme après 45 ans.
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Tableau 1. Score dincontinence
de Jorge J.M. et Wexner S.D.
(Etiology and management of fecal incontinence. Dis. Colon Rectum
1993, 36, 77-97.) |
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Fréquence
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Jamais
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Rarement
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Quelquefois
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Couramment
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Toujours
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Solide
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0
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1
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2
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3
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4
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Liquide
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0
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1
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2
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3
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4
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Gaz
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0
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1
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2
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3
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4
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Port de protections
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0
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1
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2
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3
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4
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Altération de la qualité de vie
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0
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1
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2
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3
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4
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| Jamais : 0 ; rarement
: < 1/mois ; quelquefois : < 1/semaine, 1/mois ; couramment
: < 1/jour, ³ 1/semaine ; toujours : ³ 1/jour. |
Clinique |
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Les données de linterrogatoire permettent dapprécier
la sévérité de lincontinence, le plus
souvent estimée en fonction de la qualité des fuites
(gaz, matières liquides, matières solides) et de leur
fréquence (rarement, mensuelle, hebdomadaire ou quotidienne).
La nécessité dune protection peut être
également prise en compte pour apprécier la gravité
de lincontinence, de même que le retentissement psycho-social.
De nombreux index de sévérité sont publiés
dans la littérature ; ils restent indispensables pour former
des groupes homogènes de patients, pour poser les indications
thérapeutiques et comparer les résultats. Notre préférence
va au score de Jorge et Wexner (Cleveland Clinic Score). Il permet
de classer lincontinence de 0 (continence parfaite) à
20 (incontinence complète).
On évaluera également :
lancienneté du trouble et son évolutivité,
la qualité habituelle du transit : constipation, diarrhée,
dyschésie, intestin irritable,
les facteurs favorisant les accidents dincontinence
(effort physique...),
létat psychique du patient.
On recherchera :
des signes urinaires associés : incontinence, dysurie
avec poussée abdominale,
les antécédents gynécologiques et obstétricaux
: accouchements par voie basse, gros enfant, épisiotomie,
forceps, déchirure périnéale, durée
du travail,
les antécédents de chirurgie digestive ou proctologique
: cholécystectomie, colectomie, hémorroïdectomie,
fistulectomie...,
des signes orientant vers une maladie neurologique, métabolique,
endocrinienne,
des traitements susceptibles daltérer la sensibilité
ou la motricité digestive (psychotropes).
Lexamen proctologique recherchera, particulièrement
au repos, une déformation de la marge anale, une cicatrice,
appréciera le tonus sphinctérien ainsi que létat
de la cloison recto-vaginale. Lexamen de la contraction pourra
révéler une asymétrie des plis radiés
de lanus orientant vers une possible rupture sphinctérienne.
Une appréciation de létat global du pelvis tant
statique que dynamique est indispensable ainsi quun examen
neurologique (recherche dune anesthésie en selle, évaluation
du réflexe bulbo-anal par pincement de la verge ou du clitoris).
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Valeur
des examens complémentaires |
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Au terme de ce bilan clinique, il est possible davoir
une orientation sur le mécanisme probable de lincontinence
et denvisager la pratique dexamens complémentaires
dont certains auront une valeur pronostique et dautres une valeur
dorientation thérapeutique. En présence dune
incontinence, certains examens seront particulièrement utiles.
Manométrie ano-rectale |
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Dans les déficits sphinctériens, elle permet de faire
la part de latteinte du sphincter interne (baisse de la pression
basale) et du sphincter externe (baisse de la pression volontaire).
En outre, elle différencie ces déficits sphinctériens
des troubles de la sensibilité et de lélasticité
rectale. Lassociation dune baisse de la contraction
volontaire et dune diminution de la sensibilité rectale
doit faire rechercher une atteinte neurologique en particulier médullaire.
Elle apprécie la synchronisation abdomino-périnéale.
Enfin, elle est la première étape et le support de
la rééducation lorsquexistent des anomalies
rééducables.
Elle a lavantage de fournir des données chiffrées
qui permettront de contrôler les résultats thérapeutiques.
Enfin, elle peut être tout à fait normale.
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Échographie endo-anale |
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Elle est réalisée avec une sonde rotative de 7ou 10
MHz ; elle a fait la preuve de son efficacité dans le diagnostic
topographique des ruptures du sphincter interne et du sphincter
externe. Elles est supérieure à la clinique et à
lEMG pour la localisation des ruptures sphinctériennes.
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Examens électrophysiologiques |
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Ils sont particulièrement utiles :
pour rechercher une neuropathie détirement par
la mesure (indolore) de la latence distale motrice du nerf pudendal,
élément constant de lincontinence idiopathique,
élément également, pour certains, de valeur
pronostique péjorative si lon envisage une chirurgie
réparatrice des ruptures sphinctériennes ;
pour diagnostiquer, par la mesure des latences sacrées
et des potentiels évoqués, des pathologies radiculo-médullaires,
voire centrales. Ces derniers examens ne sont pas indispensables
en première intention.
G. Amarenco, explorant 140 incontinents fécaux, a retrouvé
111 fois une neuropathie détirement, 8 atteintes radiculo-médullaires
et un méningiome temporo-pariétal. Ces dernières
atteintes ont été révélées par
lincontinence. Dans la série de P. Denis, 1 % des incontinences
étaient révélatrices dun affection neurologique
centrale.
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Rectographie dynamique |
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Elle contribue à lévaluation fonctionnelle du
périnée et de la mécanique de la défécation.
Les images sont décrites dans un autre chapitre. Elle apporte,
cependant, moins darguments décisionnels que les trois
examens précités.
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Classification |
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Plusieurs classifications pathogéniques de
lincontinence peuvent être élaborées. Nous
nous sommes inspirés de celles de P. Denis.
Incontinence avec plancher pelvien normal |
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État diarrhéique
: diarrhées infectieuses, colites inflammatoires, résection
digestive, malabsorptions, colon irritable.
Perte de la fonction de réservoir
:
rectites : radiques, inflammatoires, ischémiques,
séquelles de chirurgie : protectomie partielle ou
totale, anastomose colo ou iléo-anale avec ou sans réservoir,
divers : fécalome.
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Incontinence avec anomalies du plancher pelvien
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Causes neurologiques (déficit
sensitivo-moteur) :
centrales : démence, tumeur, sclérose en plaques,
médullaires : post-traumatique, syndrome de la queue
de cheval, compression médullaire,
périphériques ; neuropathie détirement
+++, diabète, alcoolisme.
Anomalie des sphincters :
post-traumatiques : accouchement +++, empalement, accident,
iatrogènes : cure de fistule, sphinctérotomie,
dilatation,
inflammatoires : maladie de Crohn.
Divers :
anomalies congénitales : imperforation anale, spina
bifida,
prolapsus rectal,
perte de muqueuse sensible du canal anal : maladie de Crohn,
séquelle de chirurgie anale (hémorroïdectomie
de Whitehead...).
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Traitement |
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Le choix du traitement de lincontinence anale
dépend de sa cause, de sa sévérité et
de la motivation du patient.
Les possibilités thérapeutiques sont :
les règles diététiques et le traitement
médicamenteux,
la rééducation périnéo-abdominale,
la chirurgie.
Règles diététiques et traitement
médicamenteux |
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En cas de constipation responsable de fécalome, la régularisation
du transit par les fibres alimentaires et/ou des laxatifs, lutilisation
de micro-lavements ou de suppositoires pour assurer la vacuité
permanente du rectum seront efficaces.
En cas de diarrhée, dintestin irritable, lutilisation
du lopéramide ralentit le transit et augmente la pression
anale. Lutilisation de pansements intestinaux et la prescription
dun régime éventuellement pauvre en résidu
est également utile.
Le traitement hormonal substitutif chez la femme ménopausée
améliore la pression basale et la contraction volontaire.
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Rééducation abdomino-périnéale
par biofeedback |
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Elle nécessite de la part du patient la compréhension
des phénomènes de la défécation, de
la continence et une motivation alliée à une bonne
coopération. Les indications naîtront de la manométrie
ano-rectale dont le tracé, montré au patient pendant
lexamen, lui permettra de visualiser lefficacité
de son travail. La rééducation motrice se fait par
la contraction volontaire du sphincter externe et le réapprentissage
du réflexe recto-anal contracteur. La rééducation
sensitive est également utile pour améliorer la sensibilité
rectale au remplissage. On travaillera également la coordination
abdomino-pelvienne, le malade devant éviter que la contraction
abdominale ne parasite la contraction sphinctérienne. Les
techniques de réapprentissage sont dautant plus efficaces
que la sensibilité est peu altérée et que les
pressions de repos sont peu abaissées. En cas de baisse importante
du tonus de base, on peut saider dune musculation passive
par électro-stimulation à laide une électrode
endo-anale, dont le patient règle
lui-même lintensité. Mais cette technique na
pas fait la preuve de son efficacité. La rééducation
est également indiquée pour encadrer la chirurgie.
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Chirurgie de lincontinence anale |
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Schématiquement, quatre situations peuvent se présenter
: lexistence dune rupture sphinctérienne, dun
périnée descendant avec neuropathie, dun manque
de muqueuse
sensible dans le canal et dun prolapsus rectal extériorisé.
Rupture sphinctérienne
Les ruptures localisées des sphincters (dorigine iatrogène,
obstétricale ou accidentelle) sont accessibles à une
chirurgie réparatrice. De multiples méthodes ont été
décrites mais toutes ont pour point commun la résection
du cal fibreux et de la cicatrice cutanée, le repérage
des extrémités du sphincter externe, lallongement
du canal anal par suture prenant la muqueuse et le sphincter interne.
La suture seffectue bout à bout ou en patelot.
Cette chirurgie devra être effectuée à distance
de tout épisode suppuratif, la colostomie nest pas
indispensable sauf en cas de réintervention. Les résultats
des réparations sphinctériennes sont satisfaisants
avec, selon les séries, 60 à 80 % de bons résultats.
Les plasties musculaires et le sphincter artificiel ont également
ici, leurs indications en cas de brèches trop larges.
La graciloplastie (création dun manchon péri-anal
avec le gracilis) donnait des résultats inconstants, en particulier
dans cette indication. Lélectrostimulation du muscle
transposé (graciloplastie stimulée) permet une amélioration
des résultats par lactivité tonique permanente
du muscle.
Limplantation dun sphincter anal artificiel donne de
bons résultats.
Ces deux techniques très prometteuses restent encore en cours
dévaluation.
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fig. 1 Suture sphinctérienne
bout à bout. |
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fig. 2 Sphincter artificiel
(AMS). |
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Périnée descendant avec neuropathie
La chirurgie nest indiquée quen cas déchec
des traitements médicaux, de la rééducation
et en cas de persistance dune incontinence sévère.
Plusieurs techniques chirurgicales peuvent être envisagées
:
le post-anal repair (Parks) est resté longtemps
lintervention de référence, réalisant,
en arrière de lanus, une myorraphie du sphincter externe
et du pubo-rectal. Ces résultats se dégradent avec
le temps et cette intervention nempêche pas toujours
la progression de la neuropathie ;
la myorraphie antérieure ;
la myorraphie antérieure et postérieure (total
pelvic floor repair) a été évaluée
de façon prospective et randomisée par Keighley qui
a mis en évidence la supériorité de cette
technique ;
les plasties musculaires et le sphincter artificiel ont également
ici leurs indications.
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fig. 3 Plastie cutanée
en VY : schéma de lexcision de lectropion et tracé
du lambeau. |
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fig. 4 Plastie cutanée
en VY : Suture des bords latéraux et de la plaie en Y. |
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Manque de muqueuse sensible
Certaines techniques chirurgicales sadressent essentiellement
aux incontinences par manque de muqueuse sensible dans le canal
anal : elles visent à recréer la sensibilité
du canal anal en y réintégrant de la zone cutanée
sensible. Ce sont des plasties cutanées (V-Y, S, lambeau
de rotation, avec ou sans résection dectropion...),
et lintervention de Sarafoff.
Il faut mettre à part les ruptures du sphincter interne non
réparables directement qui peuvent bénéficier
de plasties cutanées, les incontinences avec fistule recto-vaginale.
Prolapsus rectal
La cure chirurgicale améliore lincontinence dans 80
% des cas (intervention par voie abdominale ou par voie basse).
Certains pratiquent, en cas dincontinence sur prolapsus, une
myorraphie antérieure et/ou postérieure des releveurs
dans le même temps opératoire ou à distance
si lincontinence persiste. Dans ce cas, lexistence dune
neuropathie pourrait avoir une valeur péjorative.
Autres techniques
Dautres techniques méritent dêtre citées
:
électrostimulation des racines sacrées (en
cours dévaluation) ;
enfin, il est des cas où le lavement antérograde
(technique de Malone) ou la colostomie définitive reste la
seule façon de soulager le patient de son handicap.
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Conclusion |
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Lincontinence anale, handicap caché au vécu
douloureux, doit être systématiquement dépistée
: sa prévalence est supérieure à celle du diabète.
Sa prise en charge précoce est habituellement efficace, à
laide de simples règles diététiques et
de la rééducation périnéale. Des examens
complémentaires permettent un bilan morphologique fonctionnel
et anatomique précis, améliorant les indications et
les techniques chirurgicales. Lampleur du problème
nécessite une attitude préventive en évitant
les dyschésies, en cherchant à épargner le
périnée lors de laccouchement (37 % des primipares
ont des ruptures sphinctériennes) et les sphincters dans
la chirurgie anale.
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Pour en savoir plus |
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