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PROCTOLOGIE
PRATIQUE |
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MANIFESTATIONS
ANO-RECTALES DU SIDA |
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T. PUY-MONTBRUN, R.
GANANSIA, J. DENIS |
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Si la pathologie proctologique chez les sujets
HIV positif sans déficit immunitaire ne paraît pas différer
de celle observée dans la population générale,
il en va autrement en cas daggravation de la maladie ou a fortiori
de SIDA déclaré.
Seront envisagés ici les aspects cliniques propres à
limmunodéficience de certaines MST ainsi que les lésions
ano-rectales qui napparaissent que dans le cadre dune
immunodépression marquée. Lensemble de cette pathologie
sera regroupé en trois chapitres : les rectites, les ulcérations
ano-rectales et les tumeurs. Soulignons enfin que depuis lapparition
des nouvelles thérapeutiques anti-rétrovirales, la prévalence
de ces lésions semble régresser.
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Rectites |
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Rectites spécifiques |
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Rectites parasitaires
Elles sont représentées par les rectites et les colites
à cryptosporidiose dont le diagnostic repose sur la recherche
des oocystes à lexamen des selles (coloration Ziehl-Nielsen
modifiée) et/ou sur la mise en évidence du cryptosporidium
au niveau des biopsies (coloration à lhématoxyline
éosine). La possibilité de colectasie a été
signalée. Des colorectites à Pneumocystis carinii
et à toxoplasme ont été rapportées.
Elles sont exceptionnelles.
Rectites bactériennes
Elles sont essentiellement représentées par les atteintes
à salmonelles et shigelles dont lexpression est volontiers
sévère et dont léradication peut être
difficile. La rectite tuberculeuse quant à elle semble rare
et peut se présenter sous la forme dune lésion
pseudo-crohnienne. Peu fréquente aussi est latteinte
à mycobactérie atypique.
Citons, enfin, les exceptionnelles lésions à spirochètes
autres que Treponema pallidum (Serpulina hyodysenteriae,
Brachispira).
Rectites virales
Elles reconnaissent comme étiologies essentielles le cyto-mégalovirus
et lherpès virus simplex.
Rectites à cytomégalovirus
Leur expression endoscopique est assez polymorphe :
nodules violacés pouvant simuler une maladie de Kaposi,
foyers dhémorragie sous-muqueuse,
simples plages érythémateuses,
ulcérations aphtoïdes en carte de géographie,
superficielles sur fond de muqueuse inflammatoire,
pseudo-membranes,
pseudo aspect de RCH ou de Crohn.
Le diagnostic repose en premier lieu sur la mise en évidence
de leffet cytopathogène au niveau des biopsies : inclusions
intranucléaires entourées dun halo (il
de hibou) associées à un infiltrat inflammatoire.
Il existe cependant des aspects moins caractéristiques, ce
qui rend le diagnostic histologique parfois difficile. Il faut savoir,
dautre part, que la rentabilité de ce diagnostic est
fonction du nombre de prélèvements effectués
car la quantité de cellules pathologiques est souvent assez
faible.
Limmunomarquage spécifique permet doptimiser
lexamen histologique de façon significative.
La culture virale, enfin, offre lavantage dêtre
indépendante du nombre de biopsies mais sa rentabilité
est inférieure à celle de lexamen histologique.
Le traitement fait appel au DHPG voire au foscarnet. Lintérêt
du traitement dentretien est discuté.
Rectites herpétiques
Elles sobservent essentiellement dans le cadre des primo-infections
et sont le plus souvent dues à HSV 2. Elles surviennent surtout
chez lhomosexuel mâle. Dans un cas sur deux fièvre,
dysurie et adénopathie inguinale sont présentes. Les
paresthésies sacrées existent dans 1/4 des cas. La
douleur ano-rectale avec ténesme est constante. La constipation
est retrouvée dans 3/4 des cas et les ulcérations
péri-anales dans 2/3 dentre eux.
Endoscopiquement, on pourra observer des papules, des vésicules
ou des ulcérations qui ne dépassent pas les 10 à
15 derniers centimètres du rectum. Cette topographie semble
assez caractéristique de latteinte herpétique.
Le diagnostic est avant tout assuré par la culture qui permet,
aussi, de tester le virus.
Les techniques rapides de mise en évidence de lantigène
viral (Elisa, immunofluorescence) sont dun intérêt
certain. Les colorations de Tzanck et de Papanicolaou permettent
une mise en évidence rapide de leffet cytopathogène
à condition dêtre pratiquées sur des lésions
jeunes. Lexamen histologique enfin recherchera leffet
cytopathogène du virus. Sa rentabilité, inférieure
à celle de la culture, est très sensiblement améliorée
lorsquil est couplé à un immunomarquage spécifique.
Le traitement repose sur laciclovir ou le valaciclovir.
Rectites mycotiques
Elles sont représentées par les exceptionnelles candidoses,
cryptococcose et histoplasmose.
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Rectites iatrogènes |
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Il sagit des rectites pseudo-membraneuses dues au Clostridium
difficile et qui sobservent après une antibiothérapie
en particulier par la clindamycine.
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Rectites non spécifiques |
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Elles sont fréquentes, pouvant atteindre un patient sur deux.
Il sagit de lésions érythémateuses purpuriques
parfois purulentes sans étiologie définie. Le rôle
du VIH a été avancé par certains sans pour
autant pouvoir être confirmé.
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Ulcérations
anorectales |
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Ulcérations à herpès virus
simplex |
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Elles sont fréquentes et représentent environ la moitié
des ulcérations ano-rectales en cas daggravation de
la maladie ou de SIDA déclaré. On les observe particulièrement
chez les homosexuels mâles. Le plus souvent en rapport avec
une atteinte à HSV 2, elles sont de siège extra et/ou
intra-canalaire. Linfection par le virus de limmunodéficience
a modifié laspect classique des lésions herpétiques
qui sont, au cours du SIDA, extensives, confluentes, très
inflammatoires, creusantes voire nécrotiques avec un syndrome
douloureux permanent, accentué par la selle et parfois intense.
Dautre part, au cours du SIDA, les récurrences sont
fréquentes, ce qui peut justifier une prophylaxie secondaire
au long cours par aciclovir. Les crises y sont aussi dune
durée plus longue et un herpès qui dépasse
un mois dévolution est un des critères qui définit
le SIDA.
La polycontamination est une des caractéristiques des herpès
du SIDA, en particulier lassociation HSV-CMV. Enfin, cest
sur de tels terrains que peut sobserver une dissémination
herpétique avec le risque dencéphalite, de méningite
ou dhépatite fulminante menaçant le pronostic
vital.
Les méthodes diagnostiques sont celles qui ont été
exposées dans le chapitre consacré aux rectites herpétiques.
Rappelons simplement la supériorité de la culture
sur lhistologie mais aussi tout lintérêt
du couplage histologie-immunomarquage. Insistons aussi sur la nécessité
dun prélèvement précoce (surtout en matière
de récidive car la quantité de virus exprimé
est alors faible) et portant sur la lésion et sa périphérie.
Le traitement est assuré par laciclovir ou le valaciclovir.
La récurrence, si elle est fréquente, nécessitera
une prophylaxie secondaire. Enfin, il faudra veiller à utiliser
des posologies
suffisamment élevées et à poursuivre le traitement
jusquà réépithélialisation des
lésions afin de ne pas faciliter la sélection dune
souche thymidine-kinase résistante. En cas de résistance,
on fera appel à laciclovir IV ou au foscarnet.
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fig. 1 Ulcérations
extensives extraet intracanalaires dues à HSV 2. |
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Ulcérations à cytomégalovirus |
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Elles représentent environ 20 % des ulcérations au
cours du SIDA. Leur siège est extra et/ou intra-canalaire.
La douleur est toujours présente. Il peut sagir dulcérations
uniques ou
multiples, superficielles ou profondes et parfois en saillie, surélevées.
Une polycontamination est possible, avec HVS en particulier. Les
méthodes diagnostiques ont été décrites
au chapitre consacré au rectites à CMV. Rappelons
la meilleure rentabilité de lhistologie couplée
à limmunohistochimie sur la culture. Comme dans les
atteintes recto-coliques, la récidive est possible après
traitement. Enfin, la découverte dune ulcération
ano-périnéale à CMV impose un bilan général
à la recherche dune dissémination digestive
ou extra digestive, non constante.
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Condylomes acuminés péri-anaux |
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Les condylomes acuminés péri-anaux ou papillomes anaux
sont provoqués par un virus à ADN transmissible et
auto-inoculable appartenant au groupe des papillomavirus (human
papilloma virus ou HPV). La durée de la période dincubation
est variable (un intervalle de 3 semaines à 8 mois sépare
linfection de lapparition des lésions cutanées
et/ou muqueuses). La transmission se fait de personne à personne
lors de contacts intimes. Chez ladulte, le contage est vénérien
secondaire en cas de localisation intra-canalaire à un rapport
sodomique. Chez lenfant, la localisation canalaire est exceptionnelle.
Les modalités du contage sont multiples : de la mère
au nouveau-né lors de laccouchement, contact intra-familiaux
; abus sexuel dont la fréquence serait dautant plus
élevé quil sagit denfants plus âgés.
Cette hypothèse doit être envisagée en labsence
de verrues communes palmo-plantaires.
Les condylomes acuminés débutent par de petites excroissances
isolées de la région périnéale, de couleur
chair ou rosée, granitées souvent lamellaires. Peu
à peu, les végétations croissent, se multiplient
par auto-inoculation, réalisant des excroissances papilliformes
sessiles ou pédiculées rapidement coalescentes en
amas. Chez ladolescent, lextension des lésions
est recherchée selon les cas par anuscopie, colposcopie,
uréthroscopie.
Les localisations marginales sont traitées par des applications
dune solution de podophylline à haute concentration
(25 % dans de la teinture de benjoin). La causticité de cette
résine impose les précautions suivantes : protection
de la peau adjacente par un film de collodion, application par le
médecin lui-même une à deux fois par semaines
jusquà disparition des lésions, lavage soigneux
4 heures après. Une solution moins concentrée de podophylline
à 0,5 % (Condyline), qui a lavantage de pouvoir être
appliquée par le patient lui-même ou ses parents, sest
montrée aussi efficace. La fréquence des récidives
impose de revoir lenfant tous les mois pendant au moins trois
mois. Les lésions résistantes à ce traitement
justifient un examen histopathologique du matériel biopsié.
Les techniques dhybridation du DNA et damplification
(PCR) permettent le diagnostic et le typage des HPV. Le traitement
des lésions résistantes ainsi que les rares lésions
endo-canalaires nécessitent, sous anesthésie générale,
une électrorésection (dermo-abrasion) ou une photocoagulation
laser (laser à C02). Lensemble des sujets atteints
dans une famille devant être traité simultanément,
lexamen génital et ano-périnéal des parents
est souhaitable.
Les études épidémiologiques suggèrent
quHVP pourrait jouer un rôle dans la survenue du cancer
anal : association entre cancer du canal anal et homosexualité
masculine ; corrélation entre cancer anal squameux et antécédent
de condylomes ano-périnéal, quel que soit le sexe
et les pratiques sexuelles du patient. Enfin, toute adolescente
qui a eu une infection ano-périnéale et/ou génitale
à HPV doit de plus avoir chaque année une colposcopie
avec examen cytologique du col utérin pour déceler
la survenue datypies cellulaires.
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fig. 2 Ulcérations
à CMV. |
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fig. 3 Lésions
ulcéreuses liées à une association HSV 2 ET CMV. |
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Ulcérations de causes plus rares |
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À côté de ces deux grandes étiologies,
les ulcérations ano-rectales au cours du SIDA peuvent être
en rapport avec des lésions tuberculeuses ou à mycobactéries
atypiques voire avec des lésions syphilitiques qui peuvent
nécessiter pour leur traitement des posologies plus élevées
et qui sassocient à un risque accru de neuro-syphilis.
Les ulcérations à mycoplasmes ou à cryptococques
restent exceptionnelles. Enfin, citons les processus ulcératifs
sur formation tumorale (sarcome de Kaposi, lymphome malin non hodgkinien,
cancer épidermoïde). Dautres étiologies
restent sans doute à découvrir.
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fig. 4 Ulcérations
de la marge anale dues à des mycoplasmes. |
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Ulcérations dorigine indéterminée |
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Ce sont celles pour lesquelles lenquête étiologique
est restée négative. Elles représentaient 12
à 42 % des ulcérations ano-rectales au cours du SIDA
avant les nouvelles thérapeutiques anti-rétrovirales.
Elles sont de nos jours devenues beaucoup plus rares. Il sagit
de processus ulcéro-nécrotiques et/ou suppuratifs
extensifs et délabrants associés à un syndrome
douloureux sévère. En labsence de cause connue,
le traitement reste difficile et ne peut prétendre quà
être symptomatique. Dans les formes ulcérées,
lexérèse des ulcérations et de la nécrose
a un effet antalgique indiscutable et permet en règle de
stopper lévolution mais souvent au prix de
difficultés importantes de cicatrisation. Certains auteurs
ont proposé des injections locales de corticoïdes au
niveau des ulcérations, soit de première intention,
soit après parage chirurgical. Lévaluation de
cette démarche reste encore difficile. En cas de suppurations,
un drainage simpose afin déviter toute rétention
purulente.
Depuis lapparition des anti-protéases, un aspect particulier
de ces ulcérations semble sindividualiser : il sagit
de lésions peu creusantes, suspectinéales de siège
antérieur ou postérieur. La conduite à tenir
nest pas univoque mais il semble que lexérèse
soit préférable dans la mesure où elle évite
le risque dextension locale.
En conclusion de ce chapitre sur les ulcérations, il convient
de souligner la nécessité davoir une stratégie
de diagnostic aussi définie que possible tant il est vrai
que le polymorphisme dexpression de ces lésions ne
permet que rarement davoir, par la simple clinique, une idée
précise de létiologie. Il paraît licite
de recommander dutiliser une méthodologie denquête
rigoureuse reposant sur des prélèvements histologiques
mais aussi bactériologiques, virologiques et mycologiques
pour examen direct et cultures.
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fig. 5 Ulcération
aspécifique, extensive et nécrosante de la marge anale.
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fig. 6 Ulcération
profonde, purulente, intra-canalaire avec décollement de la
couche longitudinale. |
Tumeurs |
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Papillomes |
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Dus au HPV, virus à ADN, il sagit de la plus fréquente
MST observée chez lhomosexuel quil soit ou non
séropositif pour le VIH. Les types le plus souvent rencontrés
sont le 6, le 11, le 16 et le 18. On retrouve aussi les types 31,
33, 35 et 39. Sils ont tous un pouvoir oncogène, celui-ci
reste faible pour les types 6 et 11. Il semble que la prévalence
de linfection chez lhomosexuel séropositif soit
plus importante quen cas de séronégativité
et quun taux faible de CD4 soit correlé avec la présence
ADN-HPV. Enfin, la récidive et la résistance au traitement
pourraient être plus élevées en cas daggravation
du déficit immunitaire ou de SIDA maladie. On rappellera
aussi lassociation fréquente de la papillomatose à
dautres MST. Il est probable que linfection VIH par
le biais de limmuno-dépression participe à laugmentation
du risque de dysplasie qui semble aussi saccroître en
cas dassociation de différents types dHPV au
sein dune même lésion. La surveillance des dysplasies
sévères est un problème délicat non
encore résolu. Le traitement repose sur la destruction de
lensemble des éléments en un temps suivi dune
surveillance régulière et prolongée (9 à
12 mois).
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Cancer anal |
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Depuis la publication de Melbye et al en 1994, il est acquis que
la prévalence du cancer épidermoïde de lanus
sélève en cas dinfection par le VIH. Le
cancer anal est lié au pouvoir oncogène des HPV et
le VIH pourrait agir en tant que co-facteur aggravant.
Il se traduit par une ulcération indurée ou par une
formation bourgeonnante plus ou moins ulcérée. Il
sy associe une adénopathie inguinale. Signalons les
formes trompeuses pseudo-fissuraires et le cas particulier de la
maladie de Bowen, lésion érythémato-squameuse
de la marge anale, qui correspond à un épithélioma
spino-cellulaire in situ. Le traitement est identique
à celui des cancers épidermoïdes de la population
générale à la réserve près que
la radiothérapie est parfois plus mal supportée et
que la chimiothérapie peut être délicate à
manier en cas dimmunodépression sévère.
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fig. 7 Cancer épidermoïde
à forme fissuraire. |
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Maladie de Kaposi |
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Cest la plus fréquente des lésions tumorales
observées au cours du SIDA. Elle touche essentiellement lhomosexuel.
Elle est sexuellement transmissible et le contact oro-anal semble
en être la voie de contamination élective. Lhypothèse
dune étiologie virale est soutenue par la découverte
de fragments dADN du 8e herpes virus humain dans les sarcomes
de Kaposi des patients sidéens, dhomosexuels masculins
séronégatifs pour le VIH et de patients atteints de
sarcome de Kaposi classique. On décrit des sarcomes de Kaposi
de la marge anale dont laspect nest pas différent
des lésions observées au niveau des téguments
: lésions nodulaires, rouge pourpre ou violacées,
indurées. Le diagnostic est assuré par la biopsie.
Le Kaposi peut aussi avoir un siège rectal. Les lésions
sont saillantes, rouge foncé, non homogènes, isolées,
parfois ombiliquées ou ulcérées. Ailleurs,
elles peuvent être confluentes prenant dans certains cas laspect
de véritable forme tumorale. Le diagnostic est fait par la
biopsie à la pince (20 à 50 % de positivité)
ou par la biopsie chirurgicale. La découverte dun sarcome
de Kaposi ano-rectal impose une recherche dautres localisations
digestives ou non. Le traitement sera fonction des résultats
du bilan dextension et de létat immunitaire :
exérèse simple (lésion unique), mono ou polychimiothérapie,
interféron alpha.
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fig. 8 Kaposi rectal
avec ombilication au centre de la tumeur. |
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Lymphomes malins non hodgkiniens |
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Les lymphomes malins non hodgkiniens (LMNH) du SIDA ont pour caractéristique
dêtre extra-ganglionnaires (système nerveux central,
moelle, tube digestif et téguments). Il touche des sujets
jeunes souvent homosexuels et surviennent souvent dans un contexte
daltération immunitaire marquée. Un agent infectieux
causal initial est suspecté sans que pour autant on ait pu
mettre en évidence de caractère sexuellement transmissible.
Cliniquement, il peut sagir de formations tumorales, dinfiltrations,
de tumeurs bourgeonnantes et ulcérées. Lorsquelles
siègent au niveau de la fosse ischio-anale, les lésions
sont parfois suppurées. Un antécédent de fistule
est volontiers retrouvé dans les LMNH ano-rectaux. Enfin,
ils peuvent être dinstallation très brutale.
Histologiquement, on décrit des formes immunoblastiques,
des formes à petites cellules non clivées de type
Burkitt et des formes diffuses à grandes cellules non clivées.
Le traitement dépend de limportance de limmunodéficience.
Si celle-ci est modérée (1/3 des cas), ce sera une
chimiothérapie identique à celle des LMNH de la population
générale avec un pronostic assez voisin. En cas dimmunodépression
sévère, la chimiothérapie sera plus modérée,
parfois associée à une radiothérapie. Le pronostic
est ici sévère.
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fig. 9 Lymphome malin
non hodgkinien. |
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Pour en savoir plus |
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