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L'EXAMEN PERINEAL
Idéalement, l'examen périnéal
est effectué en position gynécologique chez la femme
ou en décubitus latéral chez l'homme. On demande au
patient de pousser ce qui permet de dévoiler une descente
du périnée : cystocèle (bascule de la vessie),
hysterocèle (descente de l'utérus), rectocèle
(bascule du rectum vers le vagin formant une hernie ou une poche
où stagnent les selles vers la paroi postérieure vaginale).
On recherche aussi un prolapsus du rectum : extériorisation
du rectum par le canal anal, pouvant aller jusqu'à l'extériorisation
complète. Le toucher rectal évalue la qualité
de la poussée sous réserve d'une situation peu physiologique.
A l'issue de cet examen, 2 situations sont possibles : un trouble
de l'évacuation des selles avec un périnée
normal, ou un trouble de l'évacuation avec une anomalie périnéale.
Dans les 2 cas, des examens complémentaires sont souhaitables
: la manométrie anorectale,
et/ou la défécographie
avec opacification digestive.
CONSTIPATION TERMINALE ET PERINEE NORMAL
L'anisme
Il s'agit d'une contraction paradoxale du sphincter
externe et/ou du muscle puborectal lors de la poussée, empêchant
ainsi l'évacuation des selles. Il concerne 30 à 50%
des constipations. Son diagnostic est fait par la manométrie
anorectale qui explore le fonctionnement du périnée
(cf. chapitre "
Vous allez avoir une manométrie anorectale ") et
la défécographie (cf. chapitre "Vous
allez avoir une défécographie") examen radiologique
qui évalue les rapports anatomiques des organes du périnée
(vessie, vagin, rectum) au repos, à la poussée et
à la retenue.
Traitement : La rééducation chez le kinésithérapeute
également appelée biofeedback. Elle est basée
le plus souvent sur la manuvre de Valsalva (inspiration puis
blocage) pour obtenir un relâchement du sphincter puis les
techniques sont variées pour obtenir un schéma visuel
du fonctionnement du canal anal. On utilise le plus souvent des
sondes anales reliées à un ordinateur. Le but est
de permettre au patient de prendre conscience de cette contraction
paradoxale et de la corriger d'abord consciemment en répétant
le mouvement jusqu'à l'intégrer comme un réflexe,
c'est la thérapie comportementale.
Une dizaine de séances suffisent généralement,
mais il faut souvent des séances de rappel à un an
ou plus.
L'hypertonie anale
Caractérisée par un canal anal trop
tonique, elle se diagnostique par la manométrie anorectale.
Elle accompagne ou peut être secondaire à des lésions
proctologiques comme la fissure anale d'où l'importance de
l'examen proctologique avec anuscopie en cas de dyschésie.
Mais elle peut être isolée. Son traitement reste difficile
lorsque l'hypertonie est primitive, les molécules relaxant
le sphincter interne ayant trop d'effets secondaires pour envisager
une utilisation au long cours.
Hyposensibilité rectale
Lorsque les selles arrivent dans le rectum à
un volume suffisant, elles déclenchent une envie d'aller
à la selle par activation des récepteurs situés
dans le rectum. En cas d'hyposensibilité rectale, ce besoin
est plus tardif.
L'hyposensibilité rectale peut être primitive ou secondaire
à la constipation terminale, le rectum étant en permanence
distendu par les selles non évacuées. Si la distension
devient importante, elle constitue alors le mégarectum tel
que l'on peut le confirmer par la défécographie.
L'hyposensibilité rectale se rééduque chez
des kinésithérapeutes spécialisés à
l'aide d'une sonde à ballonnet en abaissant progressivement
le seuil de sensibilité.
CONSTIPATION TERMINALE ET TROUBLES DE
LA STATIQUE PELVI-PERINEALE
La rectocèle
Hernie de la paroi postérieure du vagin, appelée
colpocèle postérieure par les gynécologues.
Cliniquement, elle se manifeste par une constipation terminale par
capture des selles dans la hernie, de ce fait les manuvres
digitales intravaginales visant à repousser la rectocèle
sont souvent utilisées par les patientes. Parfois, la constipation
n'est pas présente et c'est seulement l'extériorisation
importante de la hernie qui fait consulter.
Son traitement est chirurgical. Mais cette intervention
n'est pas toujours nécessaire. Elle est réservée
aux rectocèles de taille importante, ou lorsqu'elle peut
être considérée comme responsable des troubles
de l'évacuation. C'est à dire, lorsqu'un problème
fonctionnel de type anisme est éliminé par la manométrie
anorectale ou la défécographie.
L'anisme accompagne très souvent la rectocèle (dans
60% des troubles de l'évacuation). Dans ce cas, la correction
de l'anisme par la rééducation est souhaitable avant
d'envisager un traitement chirurgical, surtout si la constipation
terminale est au premier plan. La chirurgie première est
envisageable si l'extériorisation de la rectocèle
par le vagin constitue la principale gêne.
En pratique, face à une rectocèle, un bilan périnéal
avec examen périnéal et proctologique, manométrie
et défécographie est important.
La manométrie recherche non seulement l'anisme qu'il faudra
corriger par le biofeedback, mais aussi une faiblesse sphinctérienne
ou une hypersensibilité rectale (réservoir rectal
insuffisant) qui représentent un risque d'incontinence anale
en postopératoire surtout en cas de chirurgie endoanale.
La défécographie avec opacification digestive recherche
une élytrocèle ou une sigmoïdocèle associées
(présence de tube digestif, colon ou intestin grêle
entre le rectum et le vagin). Leur présence contre indique
certains types de chirurgies.
Le prolapsus du rectum
Il est soit intracanalaire ou il s'extériorise
totalement. Il est une cause possible de constipation terminale
en faisant obstacle à l'évacuation des selles dans
le canal anal. D'autant qu'il entraîne parfois des faux besoins.
Il est aussi souvent la conséquence d'une constipation non
traitée en raison des poussées itératives aux
toilettes. Son diagnostic est essentiellement clinique au cours
de l'examen proctologique avec anuscopie. L'exploration fonctionnelle
la plus souvent utilisée dans cette pathologie est la défécographie
avec opacification digestive.
Le traitement du prolapsus rectal est en règle générale
chirurgical mais dans le cas particulier du prolapsus muqueux intracanalaire,
certains utilisent les ligatures élastiques.
CONCLUSION
On appelle constipation, la difficulté à évacuer
les selles même les selles molles. Le traitement de cette
anomalie est le plus souvent médical mais peut parfois nécessiter
une intervention chirurgicale. Les poussées itératives
aux toilettes sont source secondairement de prolapsus génitaux
par étirement des ligaments voir de faiblesse périnéale
et d'incontinence par étirement des nerfs. C'est pourquoi
une consultation spécialisée chez un gastroentérologue
est souhaitable. Un examen périnéal et proctologique
avec anuscopie est nécessaire :
Si le périnée
est normal :
On fait une manométrie anorectale puis une rééducation
chez des kinésithérapeutes spécialisés
(biofeedback) si besoin. On recherche un anisme, une hypertonie
anale, ou une hyposensibilité rectale.
Si la manométrie est normale, on fait une défécographie
pour rechercher une contraction paradoxale du muscle puborectal.
Ou il faut revoir le problème d'une éventuelle constipation
de transit responsable en raison de la consistance trop dure des
selles.
En cas de rectocèle :
On fait une manométrie anorectale puis, si nécessaire,
un biofeedback. En cas de manométrie normale, ou si la dyschésie
persiste après correction des anomalies manométriques
par le biofeedback, il faut proposer une chirurgie de rectocèle
après défécographie avec opacification digestive.
En cas de prolapsus du rectum
:
La défécographie avec opacification digestive est
parfois utile mais son traitement est chirurgical s'il est exteriorisé.
La manométrie anorectale est réalisée en postopératoire
si la dyschésie persiste. En cas d'anomalie, le biofeedback
est plus simple une fois le prolapsus corrigé.
Dans le cas particulier du prolapsus intracanalaire, le traitement
médical, le biofeedback premier associé ou non à
des ligatures élastiques peuvent suffire.
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